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Interview de Absurdity

Absurdity

Premier album coup de poing pour ABSURDITY, qui affine depuis 2002 un metal moderne et brutal teinté d'influences industrielles. La paire de gratteux Cedric et Erik nous donne des détails sur la genèse du bébé qui a su séduire la rédaction de Metalland !


Salut ABSURDITY, vous existez depuis quelques années désormais, avec pas mal de changements de line-up au compteur. Peut-on dire qu'il est aujourd'hui stabilisé, par rapport au fait que vous sortez enfin votre premier album ?
Ced (guitare) : Oui ! On peut enfin affirmer qu'ABSURDITY a son line-up, même si nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve... Du bien je l'espère !
Erik (guitare) : Salut à toi ! Il était temps tout de même, après toutes ces années de galère... Nous sommes enfin une équipe soudée, et toujours contents de se retrouver pour les concerts ou les répètes, et les soirées entre nous ! C’est quelque chose de vraiment appréciable.

Vous êtes signés sur un label inconnu jusqu'à présent, Urban Death Records. Vous pouvez nous en dire plus sur cette structure ? Mon petit doigt me dit que vous en êtes les initiateurs !
Ced : Oui et non. Mais pour faire simple disons que l’un des membres du groupe en fait partie, c’est une toute jeune structure créée pour chapeauter ABSURDITY au départ, mais qui à développé d’autres activités, comme la production de spectacles, le booking, le management, la création de sites web et le design, etc... Toujours des activités en rapport avec la musique. Ils ont leurs bureaux à notre QG, au dessus du local de répétition, ce qui est bien pratique. J’en profite pour passer le bonjour à Charlotte et Miléna !

En comparant la production de D:\Evolution à celle de vos précédentes sorties, on s'aperçoit que vous avez réussi à obtenir le "gros son" cette fois-ci, net et précis. Selon vous, c'est nécessaire pour se hisser à un certain "standard" vis à vis des ténors français et étrangers ?
Erik : En effet, c’était bien sûr une volonté délibérée. Pour plusieurs raisons évidentes, la première étant de pouvoir offrir à l’auditeur un album de qualité, du genre où il n’est pas dégouté d’avoir acheté un skeud avec une prod' toute faiblarde après avoir vu le groupe sur scène avec un gros son. Ensuite, il faut voir qu’il y a actuellement tellement de groupes, que c’est aussi une façon de se démarquer. Et puis tout simplement, on l’a fait pour nous, afin de se faire plaisir et de rendre justice aux compositions !
Ced : Il ne faut pas se voiler la face ! Il est quand même plus agréable d'explorer un album avec un "gros son"! En tout cas merci du compliment et merci a Zoltan Varga pour son travail énorme sur ce CD !

D'ailleurs, qui s'est occupé de l'enregistrement, du mixage et du mastering de l'album ? On sent qu'il y a des professionnels derrière !
Ced : Comme cité ci-dessus : Monsieur Zoltan Varga et sa team au Super Size Studio à Budapest qui a notamment produit les albums de S-CORE, HOUSEBOUBD et SIKH en France.
Erik : Oui, c’était un vrai bonheur de travailler avec une production aussi professionnelle ! Zoli à toujours été derrière nous tout au long des enregistrements, à vouloir tirer le meilleur de chacun avec son instrument, à chercher la perfection... Il nous empêchait limite de sortir trop tard le soir pour être en forme le lendemain, ce genre de choses... En tout cas, quand on à entendu les premiers mixes, on à été ravis ! Le mec maitrise son sujet ! 



Le titre "D:\Evolution" semble être à double-sens. D'un côté, il témoigne de l'évolution de l'homme sur le plan technologique et de l'autre, il semble signifier une régression, une "dé-évolution" en quelque sorte. J'ai 20/20, ou un hors-sujet total ?
Erik : Eh bien je crois que tu as tout à fait cerné l’idée oui ! C’est ce qu’a voulu développer Ric (notre chanteur), et je suis content qu’avec juste l’artwork et les titres tu aies réussi à comprendre le message. Nous vivons dans un monde ou l’excès de technologies, les nouveaux moyens de communication, les ordinateurs, tout ça devrait nous permettre de nous faciliter la vie et de nous rapprocher de nos frères humains, en se concentrant sur notre évolution, sur un plan plus spirituel. Au lieu de ça, nous sommes en train de nous replier sur nous-mêmes, les guerres n’ont jamais été aussi nombreuses, la sur-industrialisation épuise notre planète... C’est à notre sens, une totale dé-évolution, nous espérons juste que l’homme prendra conscience à temps de ses erreurs, avant d’avoir totalement tout bousillé ici bas.

Tant qu'on parle de technologie, ça vous réjouit ou au contraire vous attriste, que notre bon vieux CD se meure à petit feu ? Je vous pose la question car un soin tout particulier a été apporté au digipack, qui donne le sentiment de posséder un bel objet...
Erik : Ni l’un, ni l’autre. Simplement, l’industrie du disque évolue, et c’est à nous, artistes et acteurs de cette industrie, de s’adapter au comportement du consommateur, pas l’inverse. Nous en avons parlé avec le label, et avons longtemps hésité à sortir le disque sous la forme "physique", puisqu’en adéquation avec nos idées, nous n’étions pas forcément pour la production d’un produit de consommation de plus. Mais dans le milieu du metal, les gens restent et resteront attachés à "l’objet", du coup, tant qu’à faire, nous avons voulu proposer un packaging intéressant. En tout cas, content que le design te plaise !
Ced: La vente de CD baisse il est vrai, mais peut-on dire que les ventes multimédia sont meilleures ? Personnellement j'achète encore tout mes albums en CD et je n'ai jamais acheté de mp3, autant payer pour de la qualité, non ?

Dans un autre domaine de technologie, trouvez-vous votre intérêt dans l'utilisation des réseaux sociaux, Facebook et compagnie ? Dans le milieu underground, c'est devenu l'outil de promotion par excellence non ?
Erik : C’est en effet incontournable, et pour tout artiste avec peu de moyens, comme nous, c’est surtout un moyen de faire sa promotion gratuitement. Ca ne coûte que le temps passé à travailler dessus. Mais sorti de ce contexte, j’ai tout de même du mal à voir l’intérêt profond de Facebook par exemple, c’est un peu l’apologie du voyeurisme et illustre tout à fait la société actuelle : tellement d’amis, et finalement combien se voient, communiquent et échangent leurs idées en chair et en os ?

L'ajout d'un passage drum'n'bass sur "Novae" sonne plutôt bien. Vous comptez en rester là ou pourquoi pas, expérimenter davantage cet aspect là à l'avenir ?
Ced : Surprise ! On verra bien comment sonnera l'avenir musical du groupe !
Erik : Personnellement, l’expérience nous a bien plu, pourquoi ne pas réitérer, voire développer en effet ? Mais là c’est aussi parce que le morceau s’y prêtait.



Avec le recul, il y a des choses que vous regrettez sur votre opus, que vous feriez différemment aujourd'hui si vous en aviez la possibilité ? A l'inverse, quelle est votre plus grande fierté concernant l'album ?
Ced : Eh bien... C'est difficile à dire encore avec le recul, mais nous sommes fier du rendu final qui est aussi agressif que nous l'imaginions !
Erik : Hmm, oui, encore un peu de manque de recul, je ne saurais dire s’il y a des trucs qu’on ferait différemment. Quoi qu’il en soit, ça correspond à une page de notre histoire, et je ne suis pas certain qu’il faille changer quoi que ce soit. Tout album a ses forces et ses faiblesses, et si des erreurs ont été faites, c’est aussi pour nous un moyen d’en tirer un avantage et d’apprendre pour la suite. Mais pour rejoindre Cédric, nous sommes tout de même très fiers du résultat pour le moment, et les retours sont très positifs !

Il y a des groupes avec lesquels vous vous sentez des affinités en terme de style ? Votre facette indus, notamment à travers l'ajout de samples, m'évoque les Niçois de SIDEBLAST par exemple, qui viennent de sortir un 2ème album excellent. Vous connaissez ?
Erik : Eh bien, pas personnellement non, mais j’ai déjà eu l’occasion d’écouter. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’on nous compare à eux, je me demande si on leur fait la même dans les interviews ? En tout cas, des affinités, oui évidemment, nous avons eu la chance de partager l’affiche avec bon nombre de "pointures" du genre, et certains nous ont vraiment marqués. Je citerai notamment les légendes de GOJIRA ou DAGOBA, mais nous nous sentons également proches de groupes plus "old-school" comme DEICIDE ou CANNIBAL CORPSE.

Ca s'est passé comment pour obtenir la distribution de votre album via Season of Mist ? Vous êtes dispos chez tous les bons disquaires donc ?
Erik : Lol, eh bien en théorie oui ! Maintenant, dans la pratique, beaucoup de gens nous écrivent pour nous dire qu’ils ne trouvent pas l’album dans la FNAC de leur ville, néanmoins, nous avons pu voir les premiers rapports de vente, et nous sommes tout de même très satisfaits du travail réalisé par Season of Mist. L’album est bien distribué dans l’ensemble, un peu partout. Et sinon, les gens le commandent directement sur le site du label.

Quelle est votre priorité pour la seconde moitié de l'année ?
Ced : Une chouette tournée se prépare pour Septembre, nous partons sur les routes d'Europe avec les Slovènes de DEAD DILDO DROME, ça promet ! Et bien entendu la composition de notre prochain album!
Erik : Egalement un tour-support de prévu pour un plus gros groupe, dont je tairai le nom pour le moment, car c’est encore en cours de négociation. Par ailleurs, nous jouons sur le festival Léz’arts scéniques en compagnie de HELLOWEEN, MADBALL ou encore CRADLE OF FILTH, par exemple. Enfin, plusieurs dates ponctuelles en Belgique, Allemagne, ou encore notre date à la maison avec les BENIGHTED. Planning chargé pour la rentrée donc !

On vous laisse conclure en vendant à nos lecteurs l'album en trois mots. Trois adjectifs qui lui correspondent au mieux !
Ced : Hmm, efficace, moderne et trop court (rires) !
Erik : Moi je dirais : brutal, efficace, et parapluie. J’aime qu’un album soit parapluie (mais pourquoi faut-il toujours trois mots, et pas deux ?!). Merci à toi et Metalland en tout cas pour cette interview ! A bientôt, merci !

Head!
18.05.2011