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Interview de Orphaned Land

Orphaned Land

En ce jour mémorable du 26/10/13, je pars à la rencontre de Chen Balbus d’ORPHANED LAND une heure avant le début du fameux concert tant attendu par les fans. Jeune guitariste , il intègre O.L en 2012 suite au départ de Matti Svatitzky.


Tout d’abord bienvenu à Lyon et merci d’avoir accepté cette interview, quel effet ça fait d’être intégré dans un groupe comme ORPHANED LAND ?
J’ai grandi avec leur musique et c’était un rêve qui est devenu désormais réalité et un honneur pour moi d’intégrer le groupe.

Bien que tu sois nouveau dans le groupe est-ce que tu connais l’histoire de la formation d’ORPHANED LAND ?
Oh oui je la connais très bien. Tout a commencé par la rencontre de Uri (bassiste) et Kobi (chanteur), qui étaient voisins. Vous savez bien que les metalleux se reconnaissent facilement, t-shirt noir, cheveux long… surtout qu’à l’époque ils étaient rares en Israël donc ils ne passaient pas inaperçus. Ils se sont croisés un jour en se disant "je pense qu’on aime la même chose, pourquoi ne pas monter un groupe ?", mais il leur manquait un guitariste. Ils ont déposé des annonces et il n’y avait que Yossi qui a pris leur numéro et les a contactés. Puis Yossi s’est mis à chercher un autre guitariste autour de lui, des mecs aux t-shirt métal et cheveux long dans son université et c’est comme ça qu’il est tombé sur Matti. Il lui a montré une liste de guitaristes en lui disant : "je joue aussi un peu de guitare". Et c’est ainsi que le groupe s’est formé, ils avaient pleins d’idées, mais ils voulaient avoir leur propre identité, d’où l’intégration la musique oriental au métal.

Qui écrit les paroles de vos albums, est-ce Kobi?
Oui Kobi écrit la majorité des paroles et les grandes lignes. Mais on a un ami à nous qui a un vocabulaire plus riche et structuré en anglais et s’occupe de transposer ces idées en textes lyriques.

Peux-tu me parler de votre nouvel album All Is One, quelles étaient vos idées et vos inspirations ?
ORPHANED LAND essaie toujours de sortir des albums différents. Les deux derniers sont plus complexes que les autres, mais tous les albums parlent de la réalité dans le Moyen-Orient, cette guerre incessante entre la Palestine et Israël. Nous sommes juste des êtres humains, certaines personnes prennent la religion trop au sérieux et pensent que vous devez détestez les gens qui ne sont pas de la même religion que vous.
All Is One est un album simple, calme et posé, avec un message clair et bien mis en évidence comme c’est le nom de l’album. D’ailleurs on avait décidé qu’il n’y aurait pas de growl. Comme le rythme était assez lent et l’ambiance posée, donc il n’y avait pas besoin de growl, mais il y a eu un fail dans "Fail" car les paroles inspiraient la colère, contre les politiciens... et puis fallait bien que Kobi montre son talent de growler.

Comment est vu le métal en Israël ?
C’est impressionnant cette naissance de pleins de groupes et avec internet c’était plus facile de se faire connaitre. Il suffit de poster des vidéos sur Youtube et vous pouvez être repéré. J’ai des amis à moi, dans un groupe qui s’appelle HAMMERCULT, qui existe depuis peu de temps. Ils ont réussi à partir en tournée européenne avec SEPULTURA. C’est vraiment facile de nos jours.
Le métal n’est pas mal vu chez nous, tant que vous payez les taxes, vous faites ce que vous voulez.

Comment sont vus vos albums, porteurs de messages si puissants et provoquants concernant la guerre?
Nos messages sont très bien acceptés, on est assez bien vu, ils croient en ce qu’on fait et nous aident financièrement et administrativement pour aller en Turquie pour promouvoir la paix.

J’ai entendu dire que vous avez eu un prix de la paix en Turquie. Il parait aussi qu’une pétition circule pour vous nominer au prix Nobel de la Paix?
En Turquie, on a eu quatre prix de la paix. Mais concernant la pétition, c’était drôle car on n’était pas du tout au courant. Un jour comme un autre je me réveille et je tombe sur la pétition. Ce n’était qu’un fan qui l’a lancé car il croyait vraiment en nous, et qu’on pouvait être nominé pour le prix Nobel.

Pensez-vous jouer un jour dans les pays arabes ?
Non, pas pour l’instant, car on n’a pas le droit de rentrer dans les pays arabes, mais nous sommes en train de demander un passeport turque pour pouvoir circuler.

Vous êtes en tournée avec le groupe KHALASS, un groupe palestinien !
C’est toujours dans le cadre du message All Is One. Ce sont de bons amis à nous, nous les connaissons depuis longtemps. Abed, le guitariste nous aide aussi dans notre album car on a des paroles en arabes, Kobi devait apprendre à les prononcer correctement donc il nous a bien aidés sur ce point.

Devons-nous attendre encore un long moment avant un prochain album ?
Non, je ferais en sorte que ça soit fait rapidement. Comme je suis le plus jeune, j’ai beaucoup de motivation et d’ambitions. Quand je suis arrivé dans le groupe, pour la production de All Is One, dès qu’on l’a fini je commençais à penser au prochain. Je bosse déjà dessus !

Yossi a sa propre carrière solo maintenant, est-ce qu’il continuera avec vous ?
Je ne connais pas ses futurs plans, dans notre tournée on avait un guitariste remplaçant qui a joué avec nous en Israël, il est juste impressionnant. Yossi est arrivée hier, je n’ai pas été trop en contact avec lui ses dernier temps, il est très occupé surtout que c’est un père de trois enfants et il n’a pas pu être avec nous durant toute la tournée car sa fille venait de naitre.

Vous avez enregistré votre albums dans trois différents pays : Suède, Israël et Turquie, pourquoi donc ?
C’était par pure coïncidence. On s’est rendu compte par la suite que c’était bien dans le thème All Is One avec les trois majorités religieuses : islam, judaïsme et christianisme. Mais c’était pour des raisons techniques. D’abord les cordes (divers instruments à cordes turques) ont été enregistrées par un orchestre turc de 8 musiciens en Turquie.
Avec tous nos respects pour les orchestres palestiniens, personne ne surpasse l’orchestre Turc. Je me souviens que c’était très long à enregistrer. Je n’étais pas avec eux mais j’ai suivi l’enregistrement toute la journée par Skype jusqu’à 4h du matin. L’acoustique et les chœurs ont été enregistré en Israël car on ne pouvait pas les emmener tous en Suède, où on a enregistré le reste en studio. C’est un super studio, dès le premier enregistrement, l’album sonnait très bien.

Que faites-vous en dehors d’ORPHANED LAND ?
Je suis prof de guitare et Mattan est prof de batterie, Yossi est dans la high tech, Kobi est à temps pleins dans le groupe. Yuri a un magasin de metal, probablement le seul en Israël.

Avez-vous reçu des critiques négatives concernant votre musique ?
Pour être honnête, je ne lis pas les commentaires, on a beaucoup été félicité par nos fans. De toute façon on s’en fou, on sait qu’on transmet un beau message.

Où avez-vous été le mieux accueillis ?
Clairement en Turquie, c’était grandiose ! En Allemagne aussi. On a bien aimé jouer en Grèce et bien en France. On a ouvert la tournée à Colmar. Le jour où l’on a quitté la France, j’étais pressé de revenir. KLONE et THE MARS CHRONICLE sont très contents de revenir chez eux après cette longue tournée.

Allez-vous jouer dans un grand festival l’année prochaine ?
Tout ce que l’on sait c’est que l’on jouera dans au Rock Hard Festival en Allemagne.

Et pour finir ?
On est très contents d’être revenus en France pour la suite de notre tournée. C’est toujours un grand plaisir ! J'adore la France !

Je te remercie d'avoir accepté l'interview, c'est un honneur pour moi de te rencontrer et à une prochaine interview pour un nouvel album, bientôt j'espère!

Bloodybarbie
26.11.2013