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Interview de Morbus Chron

Morbus Chron

Metalland a l’honneur d’interviewer Robert Andersson, le guitariste/vocaliste de MORBUS CHRON, un groupe suédois de death metal old school, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album "Sweven" précédemment chroniqué chez nous. Un véritable chef-d’œuvre que saura apprécier tout amateur de death metal. Intrigant et magique, deux adjectifs que j’attribuerais à "Sweven", sans que je sache expliquer cet effet, vous verrez qu’une fois lancé vous vous emportez et vous vous déconnectez du monde...


Tout d’abord que veut dire MORBUS CHRON ? Et pourquoi le choix de ce nom ?
Morbus Chron est une façon incorrecte d’écrire Morbus Crohn. Sa petite histoire, c’était pendant un dîner familial chez Edde, notre groupe venait de se former. Sa mère lui a dit que s’il continuait à manger aussi vite il serait atteint d’un Morbus Crohn. Edde a trouvé que ça sonnait trop cool ! Après quelques recherches, on a vu que souffrir d’un Morbus Crohn fait saigner du cul, et c’était d’autant plus drôle et convenable (rires). La façon de l’avoir mal épelé accidentellement en MORBUS CHRON est juste hilarante, on n’a jamais voulu la corriger (rire).

Je voudrais en savoir plus sur la formation de votre groupe, quelle est votre histoire ?
Le groupe s’est formé en 2007. On était 3 : moi-même, Edvin (lead guitare) et Stefan (premier batteur). J’ai reçu une guitare en cadeau de Noël et on m’a proposé une session de jam. La première année, on avait surtout improvisé, fait les fous... à la recherche de notre style... Un jour j’ai écouté AUTOPSY, et depuis notre but était de sonner comme eux. On nous a demandé de participer à la "Resurrected In Festerin Slime compilation" et c’est comme ça qu’on est tombé dans l’oreille du public. On s’est ensuite séparés de Stefan après l’enregistrement de la démo, et Adam qui était à la basse s’est mis à la batterie. On avait donc besoin d'un bassiste et on a demandé à Dag de se joindre à nous. Depuis on a fait tout le reste ensemble.

Quels sont vos inspirations, vos groupes préférés ?
On a toujours été inspiré par les piliers américains du death metal : DEATH, REPULSION et DEATH STRIKE avec principalement la grande influence AUTOPSY. J’ai été époustouflé par Severed Survival la première fois. Voilà ce sont nos principales influences, mais on a désormais appris à nous en détacher et à nous construire en prenant une tournure de plus en plus étrange et en y mettant notre touche perso.

Justement, quel est cet ingrédient secret qui nous met en transe en écoutant Sweven ?
Je ne saurais dire ! J’aime le genre de musique qui vous transporte loin, qui vous permet de lâcher prise. C’est la direction que je prends en composant, ça vient juste de cette façon.

Peux-tu me parler de l’album et de ce que racontent les paroles ? Est-ce un album-concept ? On sent comme si on était emprisonné dans un cauchemar, ça commence avec une "Berceuse" et on est transporté dans le monde d’Alice mais plutôt effrayant et fourbe. Quel message et émotion vouliez-vous communiquer ?
Vous pouvez le voir comme un album-concept, mais j’hésite à utiliser ce terme-là. Les paroles, la musique et l’art tournent autour du rêve. Le monde des rêves est un monde qu’on ne comprend pas, qui nous dépasse même si on essaie de les interpréter. Je voulais créer les morceaux qui accompagnent mes rêves, et on a décidé de commencer par une berceuse.

Il parait que Raul (peintre/dessinateur) y a mis du sien en s’inspirant de chaque titre pour peindre votre magnifique artwork, peux-tu m’en dire plus sur l’histoire de ce chef-d’œuvre ?
Mis à part cet artwork, il avait fait 10 peintures différentes, une pour chaque morceau, inspirées des paroles et de la musique. On savait qu’on voulait faire quelque chose de plus ambitieux pour cet album, et on voulait que Raul joue un grand rôle. On lui a envoyé notre travail et lui demandant de laisser libre cours à son imagination pour l’illustrer. Il a fait un super beau boulot, tout a été si bien assemblé ! Sans ça j’imagine difficilement Sweven.

Pourquoi ce penchant vers le death old school ? Qu’est-ce que vous aimez le plus dans ce style ?
Je pense que c’était grâce à la période où le death metal était à son apogée, je n’avais pas trouvé mieux que ce style. Puis on a choisi une direction bien définie pour continuer sur le chemin de l’old school.

Combien de temps cela vous a pris pour composer Sweven ?
Je pense que cela a commencé quand on a sorti notre démo A Saunter Through the Shroud. Donc cela fait un an qu’on bosse dessus. On a rien précipité, juste pris notre temps.

Comment le situes-tu par rapport à Sleepers in The Rift ?
Je pense que ce sont deux albums très différents. Ils sont faits par les mêmes parents mais pas dans le même but. Sleepers in the Rift a été composé comme un hommage à notre groupe favori, et la seule chose qu’on voulait c’était de créer un enregistrement qui ressemblait à celui des années 90. Je pense qu’on a essayé de faire ça d’une façon authentique. Probablement parce qu’on était plus jeune et que le death metal était la seule musique que nous connaissions bien.
J’ai appris la guitare en faisait des covers de DEATH et ça a finit par sonner comme on l’avait prévu, c’est pour cela qu’il a été apprécié par la majorité des amateurs de death. On a extrait un peu de cette véritable essence. Sweven est tout une autre histoire, on voulait moins se focaliser sur la musique et plus sur l’écriture, ce qui nous paraissait bien. On a pris l’étape suivante, la plus naturelle, et Sweven est le résultat. Juste faites-vous confiance et composez ce qui vous vient par l’esprit, ne pensez pas à "Est-ce que c’est du death ?", "Est-ce que c’est suffisamment brutal ?"... Tout cela limite votre créativité et vous finissez par la tuer. Laissez-vous emporter !

Quel genre de livres lisez-vous ?
Je lis vraiment peu et je sais que c’est une honte. Quand j’ai du temps libre, je regarde des films ou je joue à des jeux videos. H.P Lovecraft est mon écrivain favori certes mais la majorité des paroles horrifiantes qu’on écrit n’ont pas été inspiré de livres ou films. C’est exclusivement de nous.

Quelle est votre histoire avec Century Media, comment avez-vous signé avec eux ?
Juste après la sortie de Sleepers in The Rift avec Pulverised Records, on a été contacté par différents labels, parmi eux CM. Jerry de Dest Records, avec qui on a réalisé notre premier EP, a commencé à bosser avec Century Media, et il nous a recommandé auprès d’eux. Ils nous ont proposé le meilleur contrat et ça a merveilleusement marché.

Quelle est votre position dans la scène de metal old-school suédoise ?
Les gens qui ont une bonne culture death metal ont au moins une idée sur qui nous sommes. On n’est pas très populaire mais pas méconnus non plus. On commence à se faire une réputation tout doucement. Toujours concentrés sur l’écriture et l’enregistrement de morceaux. Quand c’est fait on enchaîne avec des concerts mais en faible quantité, on est juste relax !

Comment visualisez-vous l’avenir de MORBUS CHRON ?
Il semblerait maintenant qu’on s’est fait notre place dans le monde du death. C’est un bon début pour notre prochain album, on verra où cela nous mènera. Pour l’instant on va prendre le temps de faire quelques concerts, comme d’habitude, on n'en fait pas beaucoup. Puis on bossera sur une nouvelle sortie, on est à fond !

Je te remercie d'avoir accepter de répondre à mes questions, je vous souhaite une bonne continuation en attendant un nouvel album de vous, je suis impatiente!

Interview réalisée par mail.

Bloodybarbie
21.02.2014