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Interview de We All Die (Laughing)

We All Die (Laughing)

A l'occasion de la sortie de l'excellent Thoughtscanning, Arno Strobl a accepté de répondre à quelques questions. Si WE ALL DIE (LAUGHING) ne vous dit rien il n'est pas trop tard, la chronique est ici: http://www.metalland.org/chronique-4135-we-all-die-laughing-thoughtscanning


Bonjour à vous ! J'ai quelques questions à vous poser à propos de votre projet nommé WE ALL DIE (LAUGHING). Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore pourriez-vous revenir sur vos parcours musicaux en quelques mots ?
Arno : Je suis principalement connu pour avoir été le chanteur de CARNIVAL IN COAL qui a sorti 4 albums entre 1999 et 2005. J’ai également enregistré un disque en collaboration avec le groupe parisien 6:33, sorti l’an dernier. Hormis cela j’ai chanté au sein de plusieurs autre groupes, parmi lesquels MALADAPTIVE, TRIDUS ELASTICUS, ou encore KROAK. Déhà quant à lui multiplie les projets dans des styles assez différents, parmi lesquels les plus représentatifs sont MALADIE, COAG, YDHARL, IIMBER LUMINIS, ou encore MERDA MUNDI.

Comment en êtes-vous venu à collaborer ? Avez-vous déjà travaillé ensemble par le passé ?
Non, jamais. Nous nous sommes rencontrés "virtuellement" par l’intermédiaire de Facebook, suite à l’album que Déhà avait sorti avec le groupe allemand MALADIE. Nous nous sommes rapidement découvert de nombreux points communs, aussi bien musicaux qu’humains. L’idée de faire quelque chose ensemble s’est donc très naturellement imposée, d’autant qu’à l’époque nous habitions tous deux en Belgique, à environ 80 kilomètres l’un de l’autre.

Quel a été le point de départ de votre travail, sa motivation première ?
Un unique morceau d'une demi-heure n'a pas dû être évident à écrire, comment avez-vous procédé pour la création de Thoughtscanning ?

Arno : Le titre existait déjà lorsque nous nous sommes rencontrés, Déhà l’avait achevé en version instrumentale quelques mois auparavant. De mémoire, je crois qu’il a mis 6 mois à en venir à bout. Il me l’a donc soumis pour appréciation, et j’ai instantanément vu quel potentiel cette longue pièce pouvait avoir. Je me suis rapidement rendu chez lui afin que nous réarrangions ensemble le morceau, puis l’écriture des textes à quatre mains ainsi que l’enregistrement du chant a commencé. Une fois l’enregistrement terminé, Déhà a "perdu" son disque dur, et tout notre travail avec. Nous avons donc réenregistré l’album dans son intégralité.

Thoughtscanning fourmille d'ambiance et de styles différents tout en gardant une cohérence d'un bout à l'autre. Quelles ont été vos principales inspirations ?
Arno : Je pense que la principale source d’inspiration est SHINING (Swe), qui nous impressionne beaucoup tous deux. Mais d’autres styles de musique, comme la soul ou le jazz ont également contribué à faire du titre ce qu’il est.

Le mélange des genres est-ce quelque chose de naturel dans le processus d'écriture ou est-ce forcé, dans le sens où vous avez décidé en amont quels seraient les différents registres ?
En apportant au sein de WAD(L) nos deux personnalités, il était évident que le mélange des styles se ferait naturellement. Nous n’avons jamais "voulu" ce mélange, il s’est opéré de lui-même. L’utilisation du piano électrique ou de la clarinette ne s’est pas décidée de façon calculée, elle est a été inspirée par nos goûts et nos sensibilités. De même, tous les styles qui "s’emboîtent" dans le morceau se devaient de rester cohérents, et en symbiose avec le texte. Il était dès lors inconcevable de caser un break funk. Ou zouk. Ou des blagues.

Est-il prévu de reprendre Thoughtscanning sur scène d'une quelconque manière ?
Absolument, mais nous ne voulons pas mettre la charrue avant les bœufs. Nous allons donc d’abord enregistrer un second album, et si les retours sont aussi positifs que sur Thoughtscanning, nous envisagerons certainement de faire du live. Les choses sont plus complexes désormais : j’ai déménagé en France et Déhà en Bulgarie. Il va falloir qu’on trouve un local à mi-chemin hahaha.

Pourquoi avoir repris "Back to Black" d'AMY WINEHOUSE ?
C’est Nicolas, le label manager de Kaotoxin, qui nous l’a suggéré. Les premiers essais de Déhà sur ce titre s’étant avérés plus que concluants, nous avons décidé de l’intégrer à titre de bonus track sur la version limitée digi de l’album. Nous aimons bien AMY WINEHOUSE, avec qui nous avons en commun pas mal de névroses. Ca cadrait bien avec Thoughtscanning.

Quelle est l'interprétation qui vous paraît la plus pertinente de votre œuvre ?
Je ne suis pas certain de bien comprendre ta question, mais je dirais que Thoughtscanning est notre vision de la dépression. Il symbolise à la fois l’abattement, le dégoût, la colère, l’espoir, la rechute, tous ces stades par lesquels on passe en étant malade.

Maintenant que l'album est sorti depuis un petit moment auriez-vous des modifications à apporter à votre travail ?
Non, car nous avons vraiment eu le souci du détail durant la conception du disque. Je ne vois pas ce qu’on pourrait y apporter de plus, de mieux, ou de différent.

WAD (L) est un projet éphémère ou bien comptez-vous réitérer l'expérience ?
Non, nous allons donner une suite à Thoughtscanning. Travailler ensemble – même si certains aspects du boulot se sont avérés douloureux – nous a montré une belle synergie entre nos personnalités, ce serait dommage d’en rester là. Et puis, grâce à la communication "moderne", la distance n’est plus vraiment un problème.

Vos (nombreux) projets respectifs sont souvent en marge de l'esthétique traditionnelle du metal, est-ce un choix délibéré ? D'où vient ce besoin d'expérimenter ?
Ce n’est pas un choix délibéré, ça vient de dedans. L’un comme l’autre ne sommes pas davantage attachés exclusivement au metal. Nous sommes par exemple tous les deux de grands fans de hip-hop et de jazz. Il n’est donc pas étonnant outre mesure que notre musique en subisse quelques répercussions. Et puis, comme le dit la phrase très vraie d’Antoine Houdar de la Motte  : "L’ennui naquit un jour de l’uniformité".

Un mot pour la fin ?
Cabas.

Cook
07.03.2014