Recherche

Interview de Insomnium

Insomnium

A l’occasion de la sortie du nouvel album "Shadow Of The Dying Sun" tant attendu de dieux du death mélodique finlandais, Metalland a l’honneur d’interviewer Niilo Sevänen (bassiste / vocaliste), un des fondateurs du groupe depuis 1997.


Tout d'abord, je tiens à vous remercier INSOMNIUM pour ce magnifique cadeau que vous allez offrir à vos fans. On n’en attendait pas moins de vous, comme d’habitude.

Comment allez-vous après cette longue période d’enregistrement, dont on a eu l’occasion de suivre via votre page Facebook ?
Nous sommes très contents et satisfaits de notre travail. Le processus était laborieux et a pris beaucoup de temps, mais ce qui compte après tout, c’est le résultat. En ce moment nous sommes très fatigués car nous venons tout juste de rentrer en Finlande après une excursion de deux jours en Pologne, à Raciaz, une très belle ville surtout la nuit. Le voyage était très épuisant avec beaucoup de trajets rugueux sur les routes polonaises. On a fait tout cela pour enregistrer notre clip. On n’a pas trop dormi durant le week-end. Un journaliste et photographe du magazine allemand Metalhammer nous a accompagné.
Malgré tout c’était un super week-end, on a vécu de bons moments.

Pourquoi aller jusqu’en Pologne pour tourner le clip ?
On a eu l’idée à partir des supers clips que BEHEMOTH ont produit chez Groupa 13, une superbe compagnie de tournage de vidéo clips. On a voulu essayer de nouvelles choses pour couper la routine de tout faire en Finlande. Cette compagnie fait vraiment de superbes vidéos, on a hâte de voir le résultat final. J’espère qu’elle sera bien !

Alors, parle nous un peu de ton ressenti envers Shadow Of The Dying Sun.
On est très satisfait. C’était vraiment sportif à cause des deadlines imposées par notre label. Bien qu’on ait eu l’expérience avec 5 albums déjà, on n’arrive toujours pas à prédire le temps qu’il nous faut pour finir le travail. C’est plutôt la phase enregistrement qui a été la plus stressante, car on avait déjà les compositions de prêtes, surtout après notre EP Ephemeral en automne dernier. Et voilà que tout s’est quand même bien déroulé.

Vous avez passé 24h/24, 7jours/7 enfermés dans votre studio d’enregistrement ?
Ne parlons pas pour nous ! Le pire, c’est notre ingénieur son qui n’a eu que 2 jours de vacances sur 6 semaines en bossant 8 à 12 heures par jour. C’était vraiment très long pour lui !

Quelle est la première chose que tu as faite après avoir terminé ?
Pour ma part : courir vers mon lit après avoir fini ma partie enregistrement, tout fier de moi... Je me souviens qu’on avait fini au milieu de la nuit, j’avais enfin le droit de dormir !

Alors comme ça, vous voulez tuer le peu de soleil qu’il vous reste en Finlande ? Pourquoi avoir choisi Shadow of The Dying Sun comme titre de l’album ?
Ah, non, pas vraiment, rien de prémédité derrière cet intitulé... C’était un choix évident après avoir regardé les titres des morceaux, on était tous d’accord que ça collait bien... Parfois, il faut suivre le feeling sans trop se poser de questions.

Quel était l’objectif de votre EP Ephemeral sorti en automne alors que vous saviez que vous alliez sortir un album quelques mois plus tard ?
C’est tout simplement parce qu’on testait différents studios d’enregistrement pour notre nouvel album. Les 4 précédents ont été enregistrés dans le même studio avec le même matériel. Donc, ayant fait des essais dans plusieurs studios pour tester leur qualité de son et de mixage, nous avons choisi celui qui nous convenait le plus, et par la même occasion sorti l’EP Ephemeral, qui contient un morceau de SOTDS. En plus, c’était un petit teaser pour les fans, qui étaient curieux et impatients de voir comment allait se débrouiller notre nouveau guitariste Markus Vanhalah, qui est parmi INSOMNIUM depuis un an et demi. Et puis, ça a permis de faire patienter les fans avec une entrée de quatre morceaux en attendant le vrai album.

D’ailleurs, comment Markus a rejoint le groupe ?
Vanni (ex-guitariste) devait quitter le groupe, à l’amiable bien sûr. Il a ses raisons (familiales), et c’est son choix, que l’on respecte. On est toujours amis. Markus est un bon ami à nous, il venait souvent jouer avec nous sur scène. On se connait bien et il habite à quelques mètres de chez moi. C’était un choix évident et naturel de lui proposer la position s’il était intéressé de jouer dans INSOMNIUM, sachant qu’il est aussi guitariste d’OMNIA GATHERUM.

Arrive-t-il à gérer les deux groupes ?
Evidemment, il est toujours occupé. Il enchaîne les tournées, donc on devra s’arranger de façon à ce que les tournées et les concerts des deux groupes ne se chevauchent pas afin qu’il puisse tout faire. Il sait bien gérer son agenda, et ça fonctionne plutôt bien à vrai dire.

Sinon pourquoi pas faire des tournées ensemble ?
Bien sûr que c’est l’idéal, surtout qu’on est potes avec OMNIA GATHERUM, mais il faut penser à Markus qui devrait enchaîner deux groupes chaque soirée, le pauvre... Ca serait vraiment fun de faire une telle tournée !

Peux-tu me dire de quoi parlent les chansons de cet album ?
On met beaucoup d’efforts pour écrire les paroles, pour qu’elles sonnent le plus poétique possible. Je conseille aux gens de les lire par eux mêmes quand elles seront disponibles car je ne peux pas expliquer mes propres écrits... Je n’aime pas expliquer le sens des textes car je voudrais que chacun laisse libre cours à son imagination pour les interpréter. Ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas un concept-album, chaque morceau possède son histoire. Ville a écrit la majorité des paroles. J’ai lu beaucoup de livres de poètes finlandais, suédois et surtout allemands comme Goethe, tels que "Prométhée N°9" et "Révélation N°3". J’aime bien les anciens livres poétiques qui datent de 2000 ans, ma période favorite de la littérature, pour m’en inspirer et trouver des idées qui nous conviennent (rires).

Pourquoi se focaliser sur la mélancolie et des émotions sombres ?
C’est ce qui correspond le plus aux mélodies... bien que "Révélation" par exemple dégage de l’espoir. Tout d’abord, on compose les morceaux, puis, en fonction de leur atmosphère et de nos sentiments et notre feeling qui se créent en écoutant nos propres compositions, on avise quel type de textes correspond le mieux.

Quelle est votre démarche de composition ?
Nous ne nous réunissons pas pour composer tous ensemble, chacun compose et écrit plutôt de son côté. Par exemple, pour SOTDS, Ville a composé la majorité de l’album, Markus en a fait trois (partie guitare). J’en ai composé une, et bien sûr, c’est Ville et moi qui écrivons les paroles. Et puis on se réunit tous pour finaliser le travail, revoir de près les morceaux, ce qu’on garde et ce qu’on jette. On rejoue certains riffs plusieurs fois pour être sûr que ça colle bien. Une fois que c’est fini, on les arrange et ordonne le tout. Mais voilà, pour l’invention des mélodies, chacun le fait de son côté. Le secret : prendre l’instrument, jouer, jouer et jouer jusqu’à ce que quelque chose de potable en sorte !

Combien de temps avez-vous mis pour composer SOTDS ?
L’été dernier, on avait déjà quatre morceaux de prêts quand on travaillait sur notre EP que l’on a récupéré d’Ephemeral. Le reste a été fait en automne, on tournait avec CHILDREN OF BODOM, et après cela, on n’avait que deux mois pour finir de composer avant d’entrer en studio. La panique totale !

Quelques faits marquants/anecdotes de cette période ?
Il y en a une, mais ce n’est pas vraiment une anecdote. En décembre, on est allé au Summer College, chez les parents de Markus, pour répéter. On a pris tout notre matériel. Markus et moi sommes allés faire les courses et on roulait sur une route très étroite. On a dévié et heurté une cabane forestière. Rien de bien grave, à part la voiture cassée, mais ça nous a gâché toute la journée et foutu le moral à plat, car on a échappé de justesse à un accident.

Quand prévoyez-vous de débuter votre tournée ?
D’abord, fin avril nous avons un concert spécial en Hollande avec EPICA, qui nous ont invité pour ouvrir le show pour eux, car on a déjà été en tournée avec eux aux USA, et depuis, on est devenu de bons amis. Bien sûr, on n’a pas le même style musical, mais cette combinaison a plutôt bien marché aux USA. On est ravi de cette invitation et ça va être fun. Deux jours plus tard, nous jouerons dans un festival en Norvège où on était sensés participer l’année dernière, mais on a dû annuler à cause d’une tournée européenne. Ensuite, nous avons quelques concerts en Finlande, et enfin les festivals commenceront. Notre tournée en tête d’affiche est prévue à la rentrée. On passera évidemment en France vers octobre-novembre pour au moins deux concerts. On essaiera d’aller en Australie ou en Asie : Japon, Chine...

Quelle musique écoutes-tu ?
J’aime bien le vieux rock dans ma voiture : AEROSMITH, QUEEN, GUNS'N ROSES, TOTO, BON JOVI, etc... D’autres trucs softs et pas que du metal. J’étais un grand fan de METALLICA, les cinq premiers albums, parce que je déteste ce qu’ils font maintenant, ils ont tout gâché. J’adore aussi AMORPHIS, SENTENCED...

Quelles sont tes passions autres que le Métal ?
J’adore écrire et pas que les paroles pour nos chansons, j’écris des proses, des poèmes, des nouvelles, je fais beaucoup de sport, je fais de la musculation, du foot et je regarde les matchs. Même si j’aime bien être allongé sur le sofa et regarder la télé, je préfère être actif et faire des trucs.

Est-ce qu’INSOMNIUM est votre job à temps plein ?
Non, on a chacun un job comme tout le monde. Ça permet de ne pas se soucier de si on a vendu beaucoup d’albums... Je préfère ça que d’être financièrement dépendant et vivre de notre musique.

Comment vois-tu l’évolution d’INSOMNIUM du début jusqu’à maintenant vu que tu es fondateur ?
On était ado quand on a formé le groupe (17 ans), et maintenant on a la trentaine. Bien sûr, tout a changé et évolué depuis. Au début on essayait d’imiter nos groupes favoris. Si vous écoutez notre premier album, vous savez de suite quelles étaient nos influences. Mais après le troisième album, nous avons trouvé notre propre voix et notre style.

Pour finir, que fais-tu quand une insomnie t’attrape ?
Je lis un truc ultra ennuyant qui ne m'intéresse pas pour me forcer de m’endormir.


Interview réalisée par Skype le 18/03/14. La chronique du nouvel album sera disponible bientôt dans la rubrique dédiée. L'album sortira le 24/04/14 !

Bloodybarbie
15.04.2014