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Interview de Sublime Cadaveric Decomposition

Sublime Cadaveric Decomposition

Une interview superbe réalisée au cours du Délérium Fest XII avec Seb chanteur de SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION. Celui-ci est d'ailleurs plutôt bavard permettant une interview vraiment intéressante, tout ça dans une ambiance très cool. On sent qu'il est toujours aussi passionné. Après je vous laisse juger par vous même. Néanmoins ce fut un réel plaisir pour moi de la faire, bonne lecture !


Salut Seb ! Pour les lecteurs de Metalland qui ne vous connaissent éventuellement pas pourrais-tu me faire une présentation du groupe?
SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION s’est formé en 1996, avec le même line up durant 7 ans. D’autres membres sont arrivés il y a une dizaine d’années et sont toujours sur la scène aujourd’hui. C’est donc à la base, plus des potes que je connais depuis pas mal d’années qui ont formé le groupe et avec qui on a fait ça.

C’est donc plus un délire avec une bande de potes ?
Exactement et comme on était à fond dans la scène extrême gore et tout ça, on voulait un peu participer au truc. En d'autres termes amener notre pierre par rapport à ce que l’on écoutait, développer des albums ainsi que le style le plus extrême. Maintenant le groupe tel qu’il est aujourd’hui a amené des personnalités différentes, des influences différentes et les deux derniers albums sont pas mal marqués par ce qu’on apporté les nouveaux membres du groupe qui sont là aujourd’hui. Dorénavant, on a donc quatre/cinq albums qui sont très variés entre eux, tout en gardant une continuité dans ce que l’on fait depuis le début.

Seconde question me venant à l'esprit, pourquoi le grind comme genre et un pas un autre style comme le thrash ou même le death ?
Donc à la base, le death c’est vraiment la scène dont on est plutôt originaire, tout en ayant une grosse influence de la scène crust. À l’époque, quand on a formé le groupe en 1996, il y avait les deux. Le death metal avait évolué avec le brutal death metal et parallèlement à ça, t’avais toute la scène crust qui se développait et était assez proche au final. Dans les festivals qu’il y avait un peu partout, on retrouvait des groupes des deux scènes même si il y avait un état d’esprit et une culture différente, ça se mariait bien, ça s’entendait bien. On avait les deux influences qui s’étaient bien mélangées, mais c’était notre scène de départ avec laquelle on a formé le groupe.

Ce que j'aime aussi chez vous aussi et dans votre musique c'est ce côté énergique et dansant, quel est votre secret ? Pour garder la patate et l'énergie de faire votre musique ? Êtes-vous dans l'optique de communiquer une forme de bonne humeur que ce soit dans les shows ou sur skeud ?
Dans la musique elle-même de toute façon le but c’est d’essayer de faire des morceaux qui nous plaisent, qui nous donnent envie d’avancer d'album en album. Là on fait le dernier concert ce soir par rapport à l’album précédent Sheep’n’Guns. On va commencer des nouvelles compos qui sont déjà amorcées. Et le truc c’est à chaque étape d’essayer à la fois de marier toute l’énergie et tout le côté sombre qu’il y a aussi dans cette musique là. C'est à dire avec à la fois l’esprit qu’il y a dans la scène metal ; un esprit convivial aussi bien entre les groupes qu'entre le public. Cela fait pas mal d’années que je suis dans cette scène, c’est quand même une scène qui est à la fois dans l’extrême dans ce qui est écouté et ce qui est joué. C'est un état d’esprit qui est l’un des meilleurs qu’il puisse y avoir dans les styles de musique aujourd’hui.

Aujourd’hui vous êtes dans une optique DIY mais avant vous avez un peu tout testé, de ce fait pensez-vous continuer dans un optique DIY ou alors faire comme BLOCKHEADS qui a signé chez Relapse ?
Alors on a testé un peu tout c’est vrai. On a été sur Osmose Records et Bones Brigade, on a aussi sorti des splits d’ailleurs sur Relapse Records. On a été chez des petits labels Tchèques pour Inventory Of Fixtures et y a le dernier qu’on a fait seul. On avait fait aussi un 45 tours, au début en DIY. On a un peu tout essayé. Déjà ce qu’il y avait comme intérêt, parce qu'au début quand on fonde un groupe, on ne sait pas trop comment se passe la scène et ça permet un peu avec ces expériences là de se faire une idée. Et l’avantage aussi, c’est qu’au fur à mesure du temps et des années on apprend des choses nouvelles pour être autonome et indépendant. Finalement quand on prépare l’album, on ne sait pas si on va signer ou faire par nous même selon les opportunités qu’il y a. On décide de le faire dans un sens ou dans un autre. Là aujourd’hui, le dernier album on l’a autoproduit car finalement, on sait le faire aussi bien que sur un label. Je fais les pochettes moi-même et trouver des plans pour faire passer les albums. Au fur et à mesure des années, on les connait. Donc ce n’est pas un souci de le faire
soi-même, c’est un choix selon les albums. Est-ce que le prochain on le fera sur un label ou pas ? C’est au travers des discussions et des opportunités qu’on choisit.

Question un poil plus personnelle maintenant. Qu’est ce qui est à l'origine de votre nom? Gros délire ou "assez sérieux" dans le sens où vous vouliez coller avec cette image de grind "gore" comme l’indique vos débuts ?
Pour le nom du groupe même si je suis là depuis le début, je ne suis pas à l'origine de ce choix. Le groupe a dû être formé en février 1996, donc à l’époque on m’avait demandé de venir chanter dedans. Cependant, je n’étais pas très chaud car ce n’était pas forcément ce que je visais dès le départ. J’ai dessiné le logo du groupe deux/trois mois après l’avoir rejoint. C’est donc le guitariste (ndlr : Tristan Branger) qui avait trouvé le nom du groupe, qui l’a quitté depuis. Même si ce n’est pas moi qui l'avait trouvé, ça collait tout de même vachement avec la scène et à l’époque y avait GORE BEYOND NECROPSY par exemple. On était dans cette mouvance des groupes gore extrême et on se laisse influencer par la base de ce qu’on imagine faire. Après quand on forme le groupe, on ne sait pas quels morceaux on va jouer, quels albums on va faire tout de suite.

Justement par la suite qu'est-ce qui vous a poussé à changer en quelque sorte de thèmes et à en venir à la politique et ne pas faire que dans l’esprit gore ?
C’est mélanger toutes les influences. En fait au début, c’est aller à l’extrême de la démarche. Il n’y avait pas de texte et principalement les pochettes et l’image qui connotaient et puis la musique elle-même. On s’est posé la question au moment d’Inventory Of Fixtures de se dire "on a cette influence crust qu’on n’a pas vraiment développé dans les albums". On n’a pas envie de refaire éternellement des albums identiques, par conséquent on va se dire et essayer de voir ce que ça donne si on cherche sur cette piste là. Bien évidemment, on retrouve toutes les influences comme NAPALM, DISRUPT, du coup ça donne des envies d’essayer des trucs. Néanmoins aujourd’hui je ne peux pas dire ce que sera le prochain, s’il y aura des textes, s’il ne va pas en avoir, etc. L’intérêt c’est justement de commencer une nouvelle étape, de se dire qu’on ferme rien. On va voir comment ça va se mettre en place et on verra à quoi ressemblera l’album quand il sera terminé.

Chaque nouvel album est comme un nouveau départ ?
Exactement, c’est remettre en cause ce qu’on a fait avant en sachant qu’on s’appuie maintenant sur 18 ans d’expérience. On a quand même un héritage sur lequel on travaille à chaque fois. Cependant le but pour avoir continué d’avancer c’est justement de se dire : Qu’est ce qu’on va essayer de nouveau sur celui là ? On n'exclue rien et on va voir ou ça nous mène. C’est ça qui motive aussi pour les albums suivants, les concerts suivants et l’impression de proposer quelque chose de nouveau au public et de se faire plaisir à nous même et ne pas tourner en rond.

Après le passé parlons maintenant de votre futur car votre dernier opus est déjà sorti il y a deux ans et demi. Avez-vous commencé à composer ou prévoyez-vous un album pour l'année prochaine ? Si, oui comptez-vous rester dans la même lignée que Sheep'n'Guns ou alors encore évoluer ? C'est-à-dire du groove comme vous savez le faire avec génie ou alors plus direct et "in your face" ?
Ce qu’on a envie, on l’a vu en commençant à réfléchir aux nouveaux morceaux c’est premièrement se replonger, même si ça sera différent aujourd’hui, dans ce qui a été fait à l’époque dans l’ambiance des années 1990. C’est de se dire d’où l’on vient et de revisiter toutes nos influences de l’époque. Puis essayer de faire des morceaux qui ne ressemblent ni aux morceaux précédents ni à la première phase très gore, ni au dernier et de voir quelque chose de nouveau. C'est-à-dire d’ajouter de nouvelles palettes.

Tout en gardant vos influences en partie ?
Oui cela restera du metal extrême (rires) ! Mais ce qui serait bien sur le prochain, c’est que ça fasse comme sur les précédents. On le voit avec le recul des années. Car quand on a fait Inventory Of Fixtures, c'était plus la même chose que le précédent. Sheep’n’Guns ça a été quasiment la même chose et au final par rapport aux lives, les gens se rendent compte que tout se marie bien et tout a une espèce de cohérence, d’évolution dessus. De ce fait le prochain, il fera peut être la même chose : "hop tient qu’est ce que c’est ? Ce n’est pas ce qu’on attendait. C’est ça qui est intéressant".

Le but c’est donc de surprendre les gens ?
Exactement ! Et puis de nous surprendre en premier !

Chose importante dans un groupe, la cohésion, qu'est ce qui vous garde soudés depuis tout ce temps ? Même si on sait que vous avez eu des changements de line-up dans le passé.
C’est sur que les changements de line-up, tous les groupes les connaissent. C’est à peux près toujours les même raisons. On commence un groupe quand on a 20 ans et puis après y'a le temps qui passe. Ce qui fait qu’il puisse y avoir la vie professionnelle ainsi que la vie familiale ou encore des lassitudes entre les personnes qui font que ça bouge. On n’a pas la même vie que quand on a 20 ans, 30 ans ou 40 ans. Si tout ça se passe bien et que ça dure longtemps, c’est qu’on trouve un équilibre qui évolue en fonction de la vie personnelle de chacun. Le principal là-dessus c’est que humainement on s’entende bien, et que même si le groupe marche bien, s'il n'y a pas une entente entre les personnes, qu’on n’est pas dans des rapports humain cohérents où on est contents de se voir, du coup au bout d’un moment ça ne marche plus. Après, c’est un peu ce que je disais. Pour moi ce qui marche bien c’est une espèce de cycle qu’il y a entre les concerts et les albums. Là on arrive à la fin de 2 ans et demi de tournée pour l’album précédent. On a envie de passer à des compos, ça nous motive dessus. Quand on termine un album, on a envie de le présenter en public. On passe dans une nouvelle phase, on a vraiment des époques qui marchent comme ça.

En réalité le but de votre musique c’est avant tout de la jouer en live ?
Oui, oui et ce qui soude humainement et artistiquement c’est quand on va dans le même sens et que du coup on a le même sentiment. Chacun est content de le faire avec les autres et puis de se dire qu’on a envie que ça continue pendant des années et des années. C’est qu’on a trouvé la bonne recette entre les personnes et qu’on a trouvé sa place.

Egalement, une autre question ma taraudait l’esprit, que pensez vous de la scène française d’abord grind puis metal en général ? Des préférences ? Tant que j’y suis parlez-moi de vos goûts niveau culture générale !
Ça a vachement évolué depuis qu’on a commencé en 1996, y avait pas énormément de groupes qui s’exportaient. Je me souviens quand on avait fait une tournée aux Etats-Unis, on était passé dans Hard Rock Magasine un peu comme une curiosité d’un groupe français qui s’exportait un peu partout. Ensuite la scène française elle a explosé car maintenant on a des groupes d’un peu tous les styles qui se sont vraiment fait reconnaître internationalement et on a des festivals qui sont des leaders mondiaux du genre. Y a toujours eu une scène active pour le death/grind, mais en 1996 y en avait quasiment pas et on allait en Belgique pour voir DEAD INFECTION par exemple. Tandis que maintenant on a aucune difficulté à jouer n’importe où en France via nous-mêmes. Y a de plus en plus de festivals, même cette année encore pour cet album on a été joué sur plein de festivals qui se montent, qui se créent, qui se développent. Cela est vachement sain pour la scène française. Y a déjà un super public, on a des groupes, des labels et des festivals et c’est merveilleux.

Après pour la culture, chacun a un peu ses préférences, même musicalement et puis c’est un peu par phases. Par exemple, je suis bloqué en ce moment sur LOCK UP, NASUM et puis après ça peut être les séries et les bouquins chacun ayant ses univers aussi.

Merci pour tout ça ! Je te laisse le mot de la fin !
Merci à tous ceux qui vont lire l’interview, bonne continuation pour toi avec le webzine. J’espère que ça se passera bien pour toi et c’est ça qui est bien, c’est qu’on voit que ça se renouvelle. Tu en es l’exemple. Merci à toi et encore bonne continuation !

MrGuitoune
21.04.2014