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Corrosion of Conformity + Drawers - Glazart (17.03.2014)

Corrosion of Conformity + Drawers - Glazart

Attention : concert événement ! La dernière tournée européenne des historiques CORROSION OF CONFORMITY ne passant par la France que pour une seule et unique date, il me semblait inimaginable de ne pas me jeter dans le premier train de banlieue venu afin de faire le déplacement jusqu'au Glazart, salle parisienne bien connue des metalheads. D'autant plus que ce sont les excellents Toulousains de DRAWERS, dont le dernier album a été un véritable coup de cœur chez Metalland, qui ont eu l'honneur d'ouvrir les hostilités.


Arrivée aux alentours de 19h30 pour un début annoncé à 20h : le DJ-set tourne déjà à plein régime et déroule une setlist évidemment axée stoner/doom à base de vinyles de SAINT VITUS, RED FANG, WO FAT etc... Côté bar, un vidéoprojecteur diffuse ce que je devine être une succession de photos live shootées par la regrettée Lorène Lenoir, journaliste spécialisée dans cette branche musicale (bossant depuis de nombreuses années pour le magazine indé New Noise) qui a pris la décision de nous quitter le 9 Mars 2014, mais qui doit hanter le souvenir de nombreuses personnes ce soir. Metalland lui rend donc un dernier hommage à l'occasion de ce live report : "Rest in peace badass girl !", et un immense merci pour tes interviews décalées, ta détermination, jusqu'au bout, à répandre la bonne parole du stoner en France !

J'attendais donc les DRAWERS de pied ferme, ayant été fraîchement conquis par leur deuxième opus débordant d'un optimisme radieux, et je ne suis donc pas si surpris de retrouver un groupe surmotivé à l'œuvre sur l'étroite scène du Glazart. Niko Bastide monte sur le retour pour venir dominer une assistance déjà bien fournie et réceptive, nous captivant de son timbre de voix rocailleux – façon blues arrosé de Jack Daniel's – qui fait de "Bleak", "Once and for All" ou "Mourning" de véritables odes au headbanging fraternel. A côté de ça, ça ne chôme pas, la section rythmique agit main dans la main, dans un élan commun et mouvementé, et à observer chacun des protagonistes, allant du geek à moustache distingué au barbu tatoué videur de pintes (les mecs se reconnaîtront s'ils lisent l'article), on se dit qu'on tient là une singulière équipe avec beaucoup de personnalité, sans toutefois avoir besoin d'en faire des caisses pour marquer les esprits. En gros, ça sent la bande de vieux potes sur la même longueur d'ondes, heureuse d'être là malgré "la grisaille parisienne, alors que chez nous dans le sud il fait beau", dixit Niko. Cerise sur le gâteau, le son est bon, très bon, à deux mètres de la scène ce n'est pas un problème pour distinguer les riffs, ni les quelques blasts extatiques parsemant les morceaux.

Setlist :
01 – Bleak
02 – Detour
03 – Red Ballet
04 – Once and for All
05 – Words
06 – Caput Mortuum Ocean
07 – Mourning
08 – Shadow Dancers


C'est après quelques brefs soucis techniques lors des balances, concernant le micro-chant de Mike Dean puis ce qui ressemble à un jack de basse foireux que CORROSION OF CONFORMITY prend place. Le public venu en nombre s'est alors considérablement massé devant la scène, on bascule dans une autre dimension puisqu'en face ce n'est pas n'importe qui tout de même : the original C.O.C ! Car malgré le fait que le passage de Pepper James Keenan (actuel guitariste de DOWN) a largement contribué au succès du groupe dans les années 90 avec la sortie du classique Deliverance, le line-up actuel est bien celui qui s'est formé en 1982. Pas de "Clean My Wounds" ou de "Drowning in a Daydream" en vue donc, ces hits arrondis aux angles ne correspondant plus vraiment au feeling heavy-stoner traversé d'éclairs punk qui caractérise actuellement le trio. La setlist ira donc piocher aussi bien dans les déflagrations hardcore d'Animosity ("Loss for Words", "Mad World", "Hungry Child") que dans le heavy Sabbathien issu du dernier album éponyme et du free EP Megalodon. C'est d'ailleurs à partir de "Strong Medicine Too Late" que le moshpit jusque là bien sage se désamorce subitement et donne du précieux carburant aux Américains. Il faut en effet voir le foldingue Mike Dean (il doit lui manquer deux trois cases tellement le bonhomme semble perché), les yeux en coin, éructer vivement par dessus ses lignes de basse, tandis qu'à sa droite, le bûcheron Woody Weatherman prend un pied monumental à tutoyer les cimes guitaristiques, brandissant son ESP usée jusqu'à l'os, le regard ébahi comme au premier jour. A cet instant c'est la passion pure qui parle, la symbiose parfaite avec une fosse qui n'hésite plus depuis longtemps à jouer du coude et à provoquer quelques slams périlleux. Le riff d'intro du "Hand of Doom" piqué à BLACK SABBATH ouvre le rageur "Loss for Words" pour une nouvelle explosion au sein du pit, c'est certainement le point culminant du set, où toute la moiteur du southern-metal mâtiné de punk trouve sa raison d'être. En live, en mode bagarre, point barre.

22h30, fin du sketch après un "Technocracy" aux airs de thrash Voivodien offert lors de l'éternel rappel (et à chaque fois cette question qui me revient : mais pourquoi ce rituel du rappel, qui croit encore à la spontanéité du truc ? Je vous invite grandement à vous marrer là-dessus : http://noisey.vice.com/fr/read/chaque-fois-que-votre-groupe-fait-un-rappel-un-chiot-meurt ). Juste le temps pour moi de me jeter dans un train de banlieue en sens inverse, et de méditer sur le fait que C.O.C nous a asséné une belle leçon de rock'n'roll ce soir, et que décidément, le groupe vieillit comme un bon vin. On attend avec une curiosité certaine son 9ème album studio prévu pour cette année...

Setlist :
01 – The Moneychangers
02 – On Your Way
03 – Strong Medicine Too Late
04 – Psychic Vampire
05 – Deliverance
06 – Rat City
07 – Holier
08 – The Doom
09 – Your Tomorrow
10 – Loss for Words
11 – Mad World
12 – Hungry Child
13 – Priest Brains
14 – Technocracy

Head!
19.03.2014

Evènement : Corrosion of Conformity + Drawers
Libellé : Glazart
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