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Napalm Death + Hammercult + Infected Society - La Grange à Musique (12.04.2014)

Napalm Death + Hammercult + Infected Society - La Grange à Musique

NAPALM DEATH file avec la France le parfait amour, n'hésitant pas à venir chaque année retourner inlassablement les salles de la capitale mais surtout de province, de Montpellier au Havre en passant par Angoulême ou même Creil. Oui cousin, Creil – 60100 Oise, dont la proximité parisienne compense largement l'attrait modeste qui caractérise la ville. Et quoi de mieux qu'une valeur montante du grind issue du terroir picard, j'ai nommé INFECTED SOCIETY, pour ouvrir les hostilités ? Ben... peut-être ramener un groupe exotique qui n'a pas grand chose en commun si ce n'est une efficacité insolente sur scène : les modern-thrashers israéliens de HAMMERCULT !


Belle affluence aux alentours de la salle avant même l'ouverture des portes : il faut dire que la date a un parfum d'inédit. Du jamais vu à la Grange à Musique, SMAC qui a fait de l'éclectisme sa priorité mais qui ne s'était pas risquée jusque-là à programmer un patron du metal extrême. C'est donc devant un parterre honnête pour une première partie que le trio amiénois de INFECTED SOCIETY prend place sur le front de scène. Pas de batteur à l'horizon mais des séquences programmées qui passent comme papa dans maman. Impossible malgré tout de ne pas reconnaître l'intensité de ce grindcore né en 2010 et signé depuis sur le label de brutos Kaotoxin : c'est la foire incessante aux blasts, beatdowns, et autres riffs up-tempo frénétiques façon ROTTEN SOUND, le tout étant supervisé par un frontman barbu dont le nom m'échappe mais qui se plie en quatre pour nous offrir un panel de shrieks et de growls concernés. Une dizaine de déflagrations plus tard, le public s'est légèrement dérouillé mais a décidé de garder ses forces pour la suite de l'affiche. Allez, on peut comprendre, on peut excuser la chose, et puis s'être déplacé à ce concert est déjà un acte militant en soi !

Setlist :
01 – Intro
02 – Youth of Horror
03 – Stop / Think / Change
04 – Old School Traditionnal Butchery
05 – Ultime Slavery
06 – Life Eraser
07 – Victims of Procreation
08 – Infected Society
09 – Together the End
10 – Organ Burst
11 – Everybody's Guilty
12 – Acid Disfigured Whore
13 – Raw Quad Orgy
14 – Outro



Un fait surprenant au milieu d'une date estampillée grind, c'est d'avoir convié à l'affiche une formation qui opte pour un thrash-metal épique ! Il n'y a qu'à contempler deux secondes le barbare tout droit sorti de l'univers de Warhammer qui orne la pochette de Steelcrusher pour comprendre que la portée politique du message ne sera pas tout à fait la même ! Craignant au départ que l'affaire ne déborde sur un power-metal à vocalises de mauvais goût, je réalise qu'il n'en est en fait rien, et prends en travers des gencives un déluge de rythmiques speed et d'atmosphères guerrières qui doivent beaucoup plus à KREATOR qu'à MANOWAR (les experts incontestés en pectoraux huilés). HAMMERCULT prouve, qu'au stade ultime de la mondialisation, on peut venir de Tel Aviv tout en étant animé d'une passion dévorante pour le metal extrême et en maîtriser les codes. Sans temps mort, le show des cinq thrashers déride enfin le moshpit qui n'hésite plus à grimper sur scène pour se lancer dans de périlleux stage-divings. Yakir Shochat, meneur de troupes souriant et visiblement heureux d'être sur les routes en support de ND, encourage d'ailleurs a provoquer le maximum de bordel, chose rendue aisée par l'absence de barrières et une sécurité discrète qui a compris qu'un public metalhead bien éduqué se gérait lui-même. Au final, si HAMMERCULT n'apporte rien de très neuf à un style visité sous toutes les coutures, il sait néanmoins en faire quelque chose de délectable et son côté "blockbuster taillé pour la scène" a fait mouche ce soir. Ce n'est sûrement pas un hasard si le groupe s'est retrouvé gagnant du tremplin organisé par le Wacken Open Air en 2011...

Setlist :
01 – Steelcrusher
02 – Diabolic Overkill
03 – Into Hell
04 – Let the Angels Burn
05 – We Are Hammercult
06 – Metal Rules Tonight
07 – Burning The Road
08 – Black Horseman
09 – In The Name Of The Fallen
10 – Stealer Of Souls



Le défi maintenant, pour le chroniqueur qui a déjà relaté plusieurs fois les exploits des Anglais sur les planches, c'est de trouver quoi dire d'un tant soit peu nouveau à leur sujet. Eh bien justement, restons-en à ce que l'on connaît déjà. Puisque NAPALM DEATH est un modèle de constance et d'intégrité qui n'a JAMAIS été démenti au fil des années, ce n'est une surprise pour personne que de retrouver nos quatre rosbifs toujours aussi remontés, volontaires et prompts à donner le meilleur d'eux-mêmes quelles que soient les conditions. Le meilleur d'eux-mêmes, c'est bien cette incontournable setlist longue comme le bras, qui en vertu d'une discographie désormais riche et vaste, pioche à satiété dans les différentes époques du groupe, toutes représentées ce soir : du grind originel qui constitue l'épine dorsale de ND ("Unchallenged Hate", "Scum", l'indispensable "Suffer the Children") au mix death-grind charpenté des derniers disques ("On the Brink of Extinction", "When All Is Said And Done", "Silence Is Deafeaning", "Protection Racket", etc...), en passant par les expérimentations du milieu des années 90 (les jumeaux "Greed Killing" et "Breed to Breathe", le tubesque "Necessary Evil"), tout y passe, expédié à vitesse supra-atomique, le compteur de BPM totalement affolé par rapport aux versions album. Mais c'est aussi ça l'esprit grind, optimiser le temps à l'extrême jusqu'à aller tutoyer l'absurdité – le traditionnel "You Suffer", culminant à 2 secondes de durée n'échappant pas à l'appel. Côté public, inutile d'évoquer la pagaille des premiers rangs et les facilités offertes au slam déchaîné de toutes parts. En définitive, on ne peut que s'incliner devant la détermination de nos légendes quarantenaires au turbin : le gros Shane Embury qui martyrise sa basse tout en secouant sa choucroute à la Buzz Osborne, Danny Herrera qui blaste sans sourciller, et Mitch Harris en train d'éructer ses backing-vocals en renfort de l'hyperactif Barney, orchestrateur du chaos en chef ! Une leçon sans le moindre coup de mou, tout comme la carrière exemplaire de ce monstre du metal. Je sais, je ne vous apprends rien, mais à la manière d'une cérémonie de culte, il était bon de rappeler qui est le boss.

NAPALM DEATH, from Birmingham City.

Cela dit, les autres n'ont pas démérité !

Setlist :
01 – Multinational Corporations
02 – Silence Is Deafening
03 – Everyday Pox
04 – The Wolf I Feed
05 – Unchallenged Hate
06 – Suffer the Children
07 – When All Is Said and Done
08 – Errors in the Signals
09 – Breed to Breathe
10 – Human Garbage
11 – Success ?
12 – On the Brink of Extinction
13 – Social Sterility
14 – Self Betrayal
15 – Protection Racket
16 – Taste the Poison
17 – Necessary Evil
18 – Mass Appeal Madness
19 – Scum
20 – Life ?
21 – Deceiver
22 – The Kill
23 – You Suffer
24 – Nazi Punks Fuck Off (DEAD KENNEDYS cover)
25 – Greed Killing
26 – Siege of Power



Merci à l'équipe de La Grange à Musique pour l'invitation et son accueil habituel, et puisse le succès de cette date lui donner l'envie d'y programmer de nouveaux plateaux metal bien gras !

Video Youtube

Head!
14.04.2014

Evènement : Napalm Death + Hammercult + Infected Society
Libellé : La Grange à Musique
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