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Napalm Death + Hammercult + Death Awaits - CCO (15.04.2014)

Napalm Death + Hammercult + Death Awaits - CCO

Le printemps est maintenant bien installé, le soleil réchauffe notre épiderme pâlichon, les oiseaux gazouillent et les grinders vont enflammer les planches françaises. En effet, le mois d’avril est le moment propice pour que le grand, que dis-je, la légende NAPALM DEATH vienne fracasser toutes les salles de l’hexagone à coups de salves ultra-violentes et de textes au vitriol. Ce sont toujours les Israéliens d’HAMMERCULT, excités du Thrash, qui préparent le public au carnage Grindcore alors que pour l’apéro, les bourlingueurs lyonnais de DEATH AWAITS sont encore une fois présents à l’appel !


Effectivement, les p’tits gars de DEATH AWAITS étaient déjà dans la place il y a deux mois au Transbordeur pour compléter, avec d’autres, l’affiche de la Brutale Coalition. Cette fois-ci, ce sont eux qui ouvrent les hostilités aux alentours de 19h30, mettant en avant un melting-pot de Metal extrême. La base Death Metal est non négligeable mais chaque titre a sa petite particularité qui fait plus ou moins mouche dans notre cervelet. Ainsi, "Mass Murderer" tape dans le groove marécageux, "Forgot" sillonne dans une veine Thrash Metal, "Only God Forgives" s’octroie quelques grumeaux Deathgrind baveux et "All Confused" alterne entre rampement et défouraillages contrôlés. Une belle leçon de Metal donnée par une troupe lyonnaise chaud bouillant, emmenée par un Florian vocalement versatile (du chant tiré vers le Hardcore au gruik profond). À noter également la moustache affutée du bassiste Romain et, surtout, le remplacement au pied levé du batteur Fred. Le public est bien timide, malgré les incitations appuyées du chanteur pour que celui-ci se rapproche de la scène, mais l’accueil reste chaleureux !

Setlist :
01 - I Am The Abominable
02 - All Confused
03 - Forgot
04 - Only God Forgives
05 - Life Is Too Short For Soft Porn
06 - Deathawaits
07 - Mass Murderer
08 - Violent Peace



Changement de cap avec les Israéliens d’HAMMERCULT ! On range le gras et les growls pour déployer la vitesse d’exécution et aiguiser les riffs, ça va thrasher dans les chaumières. Fort de deux albums sortis chez SPV, le quintet de Tel Aviv prouve, une fois encore, que le vieux Thrash des familles sait encore mettre des calottes bien fumantes. Dopés par la batterie sulfateuse de Maayan Henik, le chant rageur aigu de Yakir Shochat et les chœurs virils façon Crossover, les morceaux d’HAMMERCULT ne souffrent d’aucun temps mort et vous défrisent l’encéphale de la manière la plus brute qu’il soit ("Diabolic Overkill", tout est dans le titre). De plus, malgré l’esprit épique que revendique le groupe (les titres "Steelcrusher" et "In The Name Of The Fallen", la pochette du dernier album à la MANOWAR), celui-ci n’hésite pas à insérer quelques éléments plus Death Metal comme des courts blast-beats ou des growls d’appui ("Into Hell", "Black Horseman"). Pour le reste, le Thrash vénéneux du combo met le feu dans le pit, les riffs tranchants, le chant acide et les tchouka-tchouka véloces s’occupant de délier les cervicales des plus frileux. Sur scène, les Israéliens se donnent à fond, le sourire aux lèvres, heureux d’être là et de partager leur musique, notamment Yakir, le frontman bodybuildé, qui saute partout et harangue la foule comme un patron. Parfait compromis entre un Thrash old-school à tendance Heavy et un autre moderne et burné, HAMMERCULT met tout le monde d’accord dans la fosse !

Setlist :
01 - Steelcrusher
02 - Diabolic Overkill
03 - Into Hell
04 - Let The Angels Burn
05 - We Are Hammercult
06 - Metal Rules Tonight
07 - Burning The Road
08 - Black Horseman
09 - In The Name Of The Fallen
10 - Stealer Of Souls



C’est chauffé à blanc que le public du CCO attend patiemment les Kings du Grindcore international, et la salle, plutôt bien garnie maintenant, s’apprête à subir un déluge sonore digne d’une Ire antique. NAPALM DEATH, c’est l’antithèse des derniers groupes que j’ai vu fouler les planches du CCO. Aucun décorum n’est à signaler, à part un backdrop de taille moyenne à l’éffigie du logo du groupe, seul l’ampli de Mitch Harris est placé à gauche de la batterie, même du côté de Shane, on ne distingue aucun matos d’amplification… Je n’ai jamais vu une scène aussi vide. Et puis ici le sempiternel sample d’intro inquiétant, qui rampe dans un noir presque complet, n’a pas lieu d’être, les quatre conquérants montent sur scène, la salle encore allumée, et attaquent le set directement à la gorge. C’est ça le Grind, gamin !
J’avais hâte de voir la légende et je ne suis pas déçu. Danny Herrera enchaine, sans sourciller, patterns extrêmes et blast-beats avec une vélocité déconcertante ; Shane Embury, carrure trollesque et tignasse folle, martèle frénétiquement sa basse grésillante pour en ressortir un groove implacable ; Mitch Harris, cheveux courts en vrac et regard transcendant, décongèle ses meilleurs riffs Punk et Metal ainsi que ses backing vox de sorcière dégénérée dans une énergie abrasive ; et puis Barney, l’unique, dans son plus simple costume de mec affable et passionné, met tout le monde à l’amende lorsqu’il éructe ses textes virulents sur les dérives de notre monde, le tout accompagné de gestuelles de joggeur halluciné et titubant. Voici les 4 fantastiques du Grindcore, chacun maître dans sa catégorie.

La première partie du set est, bien entendu, plus axée sur les dernières et excellentes galettes du combo, riches en parpaings destructeurs. En tête de liste, on retrouve les magistraux "Silence Is Deafening", "When All Is Said And Done", "On The Brick Of Extinction", "Errors In The Signals" et "The Wolf I Feed" qui s’intercalent parfaitement entre les classiques plus anciens ("Suffer The Children", l’ultra-groovy "Breed To Breath") et les reliques virulentes ("Unchallenged Hate", "Human Garbage"). Entre chaque morceau, Barney remercie le public et n’hésite pas introduire certaines chansons par une courte diatribe sur la politique, la religion, le capitalisme ou autre, suivant le contenu textuel du titre. La fosse est en complète ébullition, les slammeurs s’en donnent a cœur joie et NAPALM DEATH enchaîne les brûlots comme si la fin du monde toquait à la porte du CCO. La suite du show sera plus ancrée sur leur début ("Scum", "Life?", "Deceiver", "The Kill") ainsi que dans la période Death Metal plus ou moins expérimentale ("Self Betrayal", "Necessery Evil", "Greed Killing"). Un sacré exécutoire sonore qui s’achève par un "You Suffer" toujours aussi bref et attendu. Pour le rappel, c’est la fameuse reprise des DEAD KENNEDYS, "Nazy Punk Fuck Off!" - introduite explicitement par un "Le Front National, fuck them !" - qui fait office d’ouverture et le virulent "Siege Of Power" qui scelle définitivement la soirée. NAPALM DEATH, c’est la rage bénéfique à l’état pur !

Setlist :
01 - Multinational Corporations
02 - Silence Is Deafening
03 - Everyday Pox
04 - The Wolf I Feed
05 - Unchallenged Hate
06 - Suffer The Children
07 - When All Is Said And Done
08 - Errors In The Signals
09 - Breed To Breathe
10 - Human Garbage
11 - Success?
12 - On The Brink Of Extinction
13 - Social Sterility
14 - Self Betrayal
15 - Protection Racket
16 - Taste The Poison
17 - Necessary Evil
18 - Mass Appeal Madness
19 - Scum
20 - Life?
21 - Deceiver
22 - The Kill
23 - You Suffer

Rappel :
24 - Nazi Punks Fuck Off!
25 - Greed Killing
26 - Siege Of Power



Une fois encore, soirée extrême en tout point réussie, Dream Factory nous a gâté avec un plateau éclectique de première qualité : DEATH AWAITS, tout d’abord, déclencheur d’assaut Death Metal, HAMMERCULT, ensuite, véritable artilleur de Thrash Metal furibard et NAPALM DEATH, finalement, maître incontesté de l’engagement virulent et destructeur. Une pensée émue pour mon t-shirt ANAAL NATHRAKH éventré sur "Suffer The Children", R.I.P.

Tankkore
23.04.2014

Evènement : Napalm Death + Hammercult + Death Awaits
Libellé : CCO
Photos : 0