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Dagoba + The Mars Chronicles + Frontal + Above The North - CCO (19.09.2014)

Dagoba + The Mars Chronicles + Frontal + Above The North - CCO

Après un Party San estival d’excellente facture, il était temps de revenir prendre la température des pits lyonnais sous le joug de prestations hautement métalliques. La fin de l’année va être marquée en décharges sonores (CANNIBAL CORPSE, KREATOR, COMBICHRIST,…) mais pour l’instant, ce sont les infatigables DAGOBA qui s’occupent de faire ma rentrée de concerts Metal. À chaque tournée promotionnelle, on peut être sûr que le quatuor marseillais fait un arrêt à Lyon, et le plus souvent, c’est au CCO de Villeurbanne qu’ils viennent accoster leur vaisseau. C’est une nouvelle fois le cas pour ce "Tour After The Apocalypse", suivant la sortie de leur dernier album "Post Mortem Nihil Est". Pour l’occasion, Shawter et sa bande seront accompagnés par une équipée 100% française, à savoir THE MARS CHRONICLES, FRONTAL et ABOVE THE NORTH. Le plateau est plutôt éclectique même s’il reste dans le bastion moderne du Metal.


C’est aux alentours de 19h15 que les lyonnais de ABOVE THE NORTH grimpent sur scène. En entrant dans la salle on est particulièrement surpris par la jeunesse des musiciens, notamment le chanteur fluet qui se démène pour chauffer la foule. Et je dois dire que, pour une fois, l’assistance est déjà bien fournie pour cette heure et même agréablement énergique grâce, notamment, aux connaissances du groupe venues mettre l’ambiance. Pour ma part, ce sera plutôt la douche froide, non pas envers le combo lui-même qui met du cœur à l’ouvrage, mais surtout envers le style pratiqué, une sorte de Hardcore Mélodique/Screamo juvénile, usé jusqu’à la racine par un nombre incalculable de jeunes protagonistes. Entre les cris forcés du vocaliste et les riffs HxC lumineux peu mémorables, le set a du mal à passer malgré sa courte durée. Heureusement pour ABOVE THE NORTH, le public présent apprécie et leur réserve un accueil chaleureux.

Setlist :
01 - Rains
02 - Decades
03 - Bright & Honoured
04 - Circles
05 - One In A Million
06 - Caledon Hockley



On passe au niveau supérieur avec FRONTAL, autre groupe local, qui roule sa bosse dans la région depuis plusieurs années. Bien que n’ayant qu’un vague souvenir de leur concert en première partie de LAMB OF GOD en 2009, j’avais bien envie de revoir la troupe surtout après la chronique élogieuse de notre cher Head! à propos de leur premier album Death Eaters. Tout le monde entre en piste et c’est le mercenaire des fûts Morgan Berthet qui tient les baguettes (il officie également chez THE MARS CHRONICLES et est passé chez MYRATH, ETHS et EYELESS). Changement de programme sonore, FRONTAL, comme son nom l’indique, propose un Metal contemporain et musclé, moulé dans un mid-tempo moderniste bardé d’une double pédale détonante. La température monte d’un cran dans la fosse devant ce bloc de Metal brut qui ne cache pas ses aspérités plus mélodiques et groovies. Le chanteur Diego arpente la scène, micro vintage en poigne, tandis que les musiciens déballent leur maîtrise instrumentale de haut niveau, donnant une touche Death-Tech fort appréciable à l’ensemble. Finalement, les seuls défauts notables du set sont une setlist écourtée et un manque de puissance du son global, plus particulièrement sur les guitares et la voix, mais cela n’a pas empêché les lyonnais, sur et devant la scène, de prendre leur pied !

Setlist :
01 - Kronos
02 - Inferno
03 - New Journey
04 - Rise Above
05 - At War With Myself
06 - One To Kill Them All
07 - Mind Control



L’enchaînement entre chaque groupe se fait rapidement, et c’est une nouvelle fois le cas pour l’arrivée de THE MARS CHRONICLES. Avec un dress code blanc intégral, les quatre extra-terrestres français investissent la scène du CCO afin de distiller un Metal moderne particulièrement mélodique. En effet, prise entre l’exécution chirurgicale d’un Djent ultra-synthétique et les plans mélodico-cosmiques tout en rayonnement, la musique de THE MARS CHRONICLES est surtout portée par le chant clair singulier du guitariste Devy Diadema. En effet, le leader de la formation, en plus de maîtriser sa six-cordes, livre une prestation vocale bluffante de justesse. Pourtant, j’ai encore du mal à véritablement apprécier ce chant Pop mis très en avant, à petites doses peut-être, mais ici il n’y a aucune autre variation dans la voix, pas de growls pour contrebalancer non plus et, à la longue, les refrains lassent, adoptant toujours le même schéma mélodique. La perte d’agressivité se fait également sentir du côté du public, bien plus sage et aéré que pour FRONTAL. Pour autant, le show du quatuor est réglé comme un coucou suisse et montre un groupe unique, parfaitement à l’aise sur scène… mais trop mélodique pour moi, finalement.

Setlist :
01 - Intro
02 - Constant Show
03 - Abyss
04 - Redefined
05 - Transcending The Stone
06 - Scars Of Age
07 - Hell Is Born



Il est 21h30 quand les lumières s’éteignent annonçant l’arrivée imminente de DAGOBA. La scène est habillée aux couleurs de Post Mortem Nihil Est, deux panneaux représentant la pochette de l’album sont positionnés de chaque côté de la batterie surélevée et un backdrop géant, garni du logo du groupe, est accroché à l’arrière. L’introduction sombre fait monter la pression, Franky débarque sous les applaudissements nourris de la fosse en ébullition, rapidement suivi par Z, Werther puis Shawter. Tout le monde est fin prêt pour l’apocalypse phocéenne et celle-ci est lancée avec un doublon imparable, à savoir "I, Reptile" et son refrain dévastateur puis "The Man You’re Not" et son riff brise-nuque. Le CCO n’est pas rempli à ras bord, comme on aurait pu le croire, mais le public présent en grand nombre est chauffé à blanc et sera le cinquième homme du groupe ; Shawter ne tarde pas à le faire remarquer d’ailleurs, la salle de Villeurbanne étant toujours aussi chère à leur cœur (c‘est effectivement la troisième fois que je vois le groupe au CCO et il y a toujours une ambiance de feu !). La setlist du soir est variée et pioche dans chacun des albums du combo, le petit dernier Post Mortem Nihil Est est logiquement le plus représenté ("When Winter", "The Great Wonder", "Yes, We Die", "Kiss Me, Kraken"), mais on retrouve toujours les hits de What Hell Is About ("The Fall Of Men", "It’s All About Time", "The Things Within"), quelques uns de Poseidon ("Black Smokers", "Degree Zero") et un extrait de Face The Colossus ("The Nightfall And All Its Mistakes"). Avec ses décharges modernistes - distribuées à grands coups de double-pédale, de saccades robotiques, de samples industriels ou symphoniques -, et sur lesquelles se greffent un chant rageur et des refrains mélodiques, la machine marseillaise défriche les salles françaises et européennes depuis plus de 15 ans et cela se ressent sur scène et dans la fosse. Cette dernière obéit au doigt et à l’œil du commandant Shawter, toujours présent pour faire partir un circle-pit virulent ou un wall of death furieux. La chaleur est difficilement soutenable dans la salle, il est temps pour DAGOBA de quitter les planches et de reprendre quelques forces avant le rappel. Et là, ô joie, le groupe remonte sur scène et relance les hostilités avec "Maniak", rare et redoutable morceau du monstrueux premier album éponyme du combo. Sur cette bonne surprise, le quatuor enchaîne avec le tubesque "The Things Within" puis avec l’atomique "The White Guy (And The Black Ceremony)" toujours en dernière place pour achever l’auditoire avec un circle-pit dantesque, puisqu’il se fera autour de la console son/lumières. Une première, depuis que je viens régulièrement dans cette salle !

Setlist :
01 - I, Reptile
02 - The Man You’re Not
03 - The Nightfall And All Its Mistakes
04 - Black Smokers
05 - When Winter
06 - The Great Wonder
07 -The Fall Of Men
08 - Degree Zero
09 - It’s All About Time
10 - Yes, We Die
11 - Kiss Me, Kraken

Rappel :
12 - Maniak
13 - The Things Within
14 - The White Guy (And The Black Ceremony)



C’est essoufflé et littéralement trempé que je finis la soirée, preuve que le passage de DAGOBA à Villeurbanne est toujours un franc succès ! Encore merci à Sounds Like Hell Production pour nous avoir proposé un plateau de qualité en matière de Metal français contemporain. Rendez-vous le mois prochain pour d’autes concerts alléchants !

Tankkore
24.09.2014