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Cannibal Corpse + Revocation + Aeon - Ninkasi Kao (23.10.2014)

Cannibal Corpse + Revocation + Aeon - Ninkasi Kao

Ce mois d’octobre est plutôt chargé en concerts, puisqu’après un Black Arts Ceremony III saturé en Black Metal occulte et avant un PUNISH YOURSELF (semaine prochaine) fourni en décharges Cyber Punk, c’est la légende CANNIBAL CORPSE qui débarque à Lyon pour régaler les amateurs de brutalité Death Metal. Le quintet de Tampa se fait plutôt rare dans nos contrées rhône-alpines, il était donc inimaginable de rater le coche avec tonton Corpsegrinder, surtout que le dernier né discographique, "A Skeletal Domain", est une sacrée claque comme on les aime ! Pour que la fête soit plus folle ce sont les Nord-américains de REVOCATION et les Suédois de AEON qui complètent cette tournée européenne.


J’arrive dans la salle du Kao à la fin du set de AEON et constate rapidement, en seulement deux morceaux, que le quintet d’Östersund suit le même chemin broussailleux que papa CANNIBAL. Seul le groove des américains a été enlevé, mais le reste reprend les mêmes ingrédients dans un registre plus actuel. Ainsi, on retrouve les plans brutaux à souhaits, avec ses riffs façon tronçonneuse et ses accélérations belliqueuses en proto-blasts et puis, surtout, le growl et le débit vocal de Tommy Dahlström singent fortement ceux de Corpsegrinder. Le son est puissant, un poil brouillon lors des passages les plus violents, mais le Death frontal des Suédois fonctionne à merveille vu la fosse bien remplie et bouillonnante. La qualité des deux titres entendus - à savoir "Still They Prey" et "Forever Nailed" - donne envie de se plonger dans la discographie de AEON et c’est là l’essentiel.

Setlist :
01 - Satanic Victory
02 - Forgiveness Denied
03 - Kill Them All
04 - Aeons Black
05 - Biblewhore
06 - Still They Pray
07 - Forever Nailed



On change de registre ensuite avec le gang de Boston REVOCATION. Fort du succès de leur troisième album Chaos Of Form, les quatre gaillards percent dans le milieu extrême avec un Thrash Metal virulent et relativement technique aux quelques relents Death. J’avoue n’avoir jamais posé une oreille sur la musique du combo, mais j’avais plutôt hâte de voir le phénomène américain sur scène. Il s’avère que je ressors du concert de REVOCATION avec une impression mitigée, non pas à cause de la prestation de David Davidson et ses sbires qui ont assuré comme il se doit, mais à cause de l’aspect alambiqué de certains morceaux. Autant les titres expéditifs forgés dans un Thrash Moderne véloce font mouche instantanément comme celui d’ouverture "The Hive" ou le hit "Dismantle The Dictator", autant ceux plus mélodiques et ambiancés perdent en accroche comme "Deathless", morceau-titre du nouvel album, ou "Madness Opus" et son côté relativement Progressif. La voix rageuse de Davidson, entre Thrash et Hardcore, change la donne par rapport à AEON et CANNIBAL CORPSE mais a tendance à devenir légèrement redondante sur la longueur - les modulations vocales sont plus marquées sur les albums - et assez horripilante quand il tente le clair/hurlé ("No Funeral"). À retenter en studio tout de même.

Setlist :
01 - The Hive
02 - Teratogenesis
03 - Deathless
04 - Dismantle The Dictator
05 - Fracked
06 - Madness Opus
07 - No Funeral



L’attente est un peu longue mais CANNIBAL CORPSE débarque enfin, grandement acclamé par un Ninkasi Kao rempli comme il se doit. Pas d’introduction, les charcutiers américains lancent les hostilités avec un "Staring Through the Eyes of the Dead" et un "Stripped, Raped and Strangled" bien groovy et prenants, entrecoupé par un "Fuck With A Knife" brutal à souhait. Le son est puissant et plus fluide que pour AEON, donnant au Death Metal de CANNIBAL CORPSE toute sa dimension en live. Sur scène pas d’excès, la paire de guitaristes Pat O’Brian/Rob Barrett et le bassiste virtuose Alex Webster (son jeu de main véloce incroyable !) restent statiques, concentrés sur leur instrument, ne laissant voir que leur tignasse s’agiter lors de headbangings continus. Seul tonton Georges lâche quelques mots entre les titres quand ce n’est pas pour engueuler les slammeurs qui viennent perturber sa prestation de boucher vocal. Corpsegrinder est une machine à growl, ajustant ses flows gutturaux sur les rythmiques de Paul Mazurkiewicz, lançant des shrieks nihilistes par moment et headbangant comme un forcené à chaque seconde, aidé par ce cou de taureau toujours aussi impressionnant. Le quintet passe ensuite en revue certains titres phare de ses dernières productions, à savoir l’excellent "Kill Or Become" (cette ligne mélodique énorme !) du petit dernier A Skeletal Domain, le redoutable "Demented Agression" (ce riff ravageur !) extrait de Torture et le marécageux "Evisceration Plague" issu de l’album du même nom. Pour la suite, CANNIBAL CORPSE ira chercher dans toute sa discographie, passant par tous les rythmes, du mid-tempo crasseux (la première moitié de "The Wretched Spawn") jusqu’au aux proto-blasts punitifs ("Pounded Into Dust", "I Cum Blood", "Make Them Suffer"). Il n’y aura pas de rappel, Corpsegrinder et sa clique terminant le show par les cultes "Hammer Smashed Face" et "Devoured By Vermin" après plus d’une heure de boucherie sonore labellisée "Florida Death Metal". Groove, brutalité, technicité, maîtrise, la musique de CANNIBAL CORPSE est un pavé de Death Metal sanguinolent lancé en pleine face et qui n’a jamais dévié de sa trajectoire en 26 ans carrière. Respect.

Setlist :
01 - Staring Through The Eyes Of The Dead
02 - Fucked With A Knife
03 - Stripped, Raped And Strangled
04 - Kill Or Become
05 - Sadistic Embodiment
06 - Icepick Lobotomy
07 - Scourge Of Iron
08 - Demented Agression
09 - Evisceration Plague
10 - Dormant Bodies Bursting
11 - Addicted To Vaginal Skin
12 - The Wretched Spawn
13 - Pounded Into Dust
14 - I Cum Blood
15 - Disposal Of The Body
16 - Make Them Suffer
17 - A Skull Full Of Maggots
18 - Hammer Smashed Face
19 - Devoured By Vermin



La soirée Death Metal estampillée "Metal Blade Records" a fait salle comble au Ninkasi Kao et, au vu de l’affiche proposée par Mediatone, il aurait été dommage qu’il en soit autrement. Les deux rouleaux compresseurs AEON et CANNIBAL CORPSE ont assuré la partie grasse et brutale du show tandis que REVOCATION s’est occupé de l’entracte rageur et acéré. Make them suffer !

Tankkore
06.11.2014

Evènement : Cannibal Corpse + Revocation + Aeon
Libellé : Ninkasi Kao
Photos : 0