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Hatebreed + Napalm Death + Deep in Hate - Trabendo (21.11.2014)

Hatebreed + Napalm Death + Deep in Hate - Trabendo

On a presque cru à une blague lorsque la première partie des patrons HATEBREED au Trabendo a été annoncée : NAPALM DEATH ! Euh... Y'aurait pas erreur sur qui doit ouvrir pour l'autre là ?! C'est avant tout une histoire de point de vue cela dit, sachant que ces deux poids lourds ont chacun leurs arguments : le succès ainsi qu'une efficacité scénique monstrueuse pour les premiers, à défaut d'avoir sorti un album inoubliable depuis longtemps (sans s'être planté non plus, loin de là), et une aura culte doublée d'une discographie toujours aussi bandante pour les seconds... Et dans le rôle de la mayonnaise entre les deux tranches du sandwich, place aux français de DEEP IN HATE, fers de lance du label Kaotoxin Records et experts en distribution de breakdowns meurtriers !


Notre combo national se sera donc chargé de dérouiller les cervicales d'un public encore tiède à cette heure, mis à part les deux trois karatékas du fond déjà en train de se battre contre des vagues d'ennemis imaginaires. DEEP IN HATE opte davantage pour l'aspect rouleau-compresseur des morceaux que pour le riff ultime qui mettrait tout le monde d'accord. On a donc affaire à un show très axé mosh-parts modernes et rythmiques cliniques, que l'impressionnant batteur Nicolas Bastos (vu chez l'ESPRIT DU CLAN), excentré sur le côté droit, met en relief d'un jeu à la fois leste et musclé. Au micro et casquette trucker sur la tête, Math la joue frontman coreux option "chant growlé LV1, screams hardcore LV2", motivant comme il peut la foule du Trabendo entre les morceaux, tandis que ses comparses assurent un jeu appliqué et sans faille. Petit plus, la présence d'un backdrop à l'effigie de Chronicles of Oblivion de part et d'autre de la scène permet d'embellir les conditions drastiques de cette première partie avec une touche "pro" bienvenue.

Setlist :
01 – Genesis of Void
02 – The Cattle Procession
03 – The Divide
04 – Altars Of Lies
05 – Drum Solo
06 – New Republic
07 – Beyond



Lorsque Danny Herrera et Shane Embury s'affairent aux balances en compagnie d'un guitariste inconnu au bataillon, on en vient rapidement à se demander : "Mais où est passé Mitch ?". L'explication nous viendra de Barney après un "Silence Is Defeaning" tonitruant : Mitch sera absent lors des dates à venir, en raison de problèmes de santé dans sa famille. De notre côté, on espère que ce hiatus ne soit que temporaire, tant le guitariste est essentiel à l'identité de NAPALM DEATH, en studio comme sur les planches où son jeu tout en nervosité électrice l'assemblée. Reste que son remplaçant, John Cooke, n'aura pas démérité, offrant les mêmes screams et connaissant les riffs du combo comme sa poche. Tous les riffs en effet, dont ceux de deux nouveaux titres interprétés à la suite ce soir, à paraître sur le prochain effort du groupe en 2015, intitulés "Oh So Pseudo" et "Smash a Single Digit" et se situant dans la stricte continuité grind de ce que la bande propose depuis les années 2000. Côté performance, rien à redire de nouveau sur la démence affichée par Barney, ses discours citoyens sur la lente dérive du monde, ni sur la tendance du groupe à accélérer le tempo des morceaux ("Necessary Evil" en mode turbo, presque méconnaissable). C'est plutôt par rapport au public que la différence se ressent. Une bonne partie, qu'on devine venue uniquement pour HATEBREED, reste en effet à l'écart des pogos, stoïque face aux déflagrations sonores des Anglais. Ce qui n'a pas empêché la sauce de finir par prendre et au concert d'atteindre son rythme de croisière sur le classique "Suffer the Children". La suite, vous la connaissez, l'habituel quinté grind issu de Scum asséné en fin de set, puis la reprise anti-facho des DEAD KENNEDYS "Nazi Punks Fuck Off". Grind or die !

Setlist :
01 – Multinational Corporations, Part II
02 – Silence Is Deafening
03 – Everyday Pox
04 – Unchallenged Hate
05 – Suffer the Children
06 – When All Is Said and Done
07 – Oh So Pseudo
08 – Smash a Single Digit
09 – Errors in the Signals
10 – Breed to Breathe
11 – Human Garbage
12 – On the Brink of Extinction
13 – Social Sterility
14 – Self Betrayal
15 – Protection Racket
16 – Taste the Poison
17 – Necessary Evil
18 – Scum
19 – Life?
20 – Deceiver
21 – The Kill
22 – You Suffer
23 – Nazi Punks Fuck Off (DEAD KENNEDYS cover)
24 – Siege of Power



Pour son concert soufflant ses 20 bougies d'existence, HATEBREED n'allait pas nous sortir un set unplugged. Et ceux qui ont vu au moins une fois le groupe en live, que ce soit en salle ou lors d'un festival vous le diront : l'intensité de ses performances est saisissante, sans véritable moment de répit au milieu d'un moshpit de plus en plus incontrôlable à mesure que les hits défilent. Car il ne s'agit que ça, des hits hardcore-metal enchaînés comme autant d'uppercuts : les "Straight to Your Face" , "I Will Be Heard", "This Is Now", "Live for This" se frottent aux morceaux plus récents, tels que le tubesque "In Ashes They Shall Reap" qui voit un chant mélodique s'incruster dans la formule du groupe, ou encore le bas du front "Honor Never Dies" et ses backing vocals virils. Tenir bon dans la fosse du Trabendo relève alors de la gageure et malgré la présence de crash barriers éloignant le public de la scène et laissant le champ libre aux nombreux photographes, les slams naissent de toutes parts. L'ensemble du public reprend les paroles à tue-tête, suspendu à un Jamey Jasta visiblement réceptif à l'accueil chaleureux que lui renvoie le Trabendo. Le frontman n'hésitera pas, plus tard, à rappeler que 20 ans auparavant, HATEBREED partageait déjà la scène avec NAPALM DEATH, puis à demander une ovation pour la légende de Birmingham, un juste retour des choses en somme. Enfin, le désormais classique parmi les classiques "Destroy Everything", que tout le monde attend, sonne la fin imminente d'un concert qui en l'espace d'une heure et demie aura rassemblé dans le même élan convivial métalleux et coreux, même si en 2014, et le succès allant crescendo, on doute que les plus intégristes de ces derniers accordent encore beaucoup de crédit aux Américains. A noter, pour finir, que le son servi par le staff technique était d'excellente facture, équilibré et bien défini (par contre la mode des bass-drops, s'il vous plaît... arrêtez), ce qui n'est pas un fait acquis lorsqu'on fréquente les salles parisiennes.

Un bon point à confirmer lors de la venue des mythiques MORBID ANGEL en ces murs vendredi 28 Novembre !

Setlist :
01 – To the Threshold
02 – Empty Promises
03 – Tear It Down
04 – Everyone Bleeds Now
05 – In Ashes They Shall Reap
06 – Honor Never Dies
07 – Defeatist
08 – Smash Your Enemies
09 – Doomsayer
10 – Perseverance
11 – Before Dishonor
12 – The Language
13 – Straight to Your Face
14 – Boundless (Time To Murder It)
15 – As Diehard as They Come
16 – Proven
17 – Last Breath
18 – This Is Now
19 – Live for This
20 – I Will Be Heard
21 – Destroy Everything

Head!
23.11.2014

Evènement : Hatebreed + Napalm Death + Deep in Hate
Libellé : Trabendo
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