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Morbid Angel + Gorod + Ad Patres - Trabendo (28.11.2014)

Morbid Angel + Gorod + Ad Patres - Trabendo

David Vincent les a vus... Qui ça, les envahisseurs ? Perdu ! Mais le public du Trabendo venu en nombre pour célébrer les 20 ans de "Covenant" (maintenant 21), ça oui. Et qui dit anniversaire dit également interprétation intégrale de l'album en question, une mode qu'on a vue se répandre à mesure que les légendes du metal ont pris de la bouteille, profitant d'une date clé pour revenir sur leur disque phare ou en tout cas le plus vendu. Ça tombe bien, puisque "Covenant" est à la fois le plus gros succès commercial de MORBID ANGEL et la synthèse parfaite entre le death-metal radical des origines et son penchant futur pour le mid-tempo atonal et les atmosphères occultes. Compte-rendu de la soirée, avec une ouverture 100% française – et à plus forte raison 100% bordelaise – grâce aux deux poids lourds GOROD et AD PATRES !


On avait déjà croisé les brutal-deathsters d'AD PATRES au Divan du Monde l'an dernier, entamer les hostilités avant la boucherie estampillée ABORTED. Et de la bonne impression reçue à l'époque, on était passé à l'envie de les revoir assez vite sur scène. Mais peut-être pas dans des conditions de première partie, où le public, à peine sorti du métro-boulot, ne montre encore aucun signe de vie dans le pit, si ce n'est un headbanging de rigueur. Rappelons qu'à Paris, les concerts débutent à 19h00 et qu'en toute logique, le public n'est jamais "dedans" à cette heure. Reste que notre quintet aura livré tout ce qu'on pouvait attendre d'un set brutal as fuck : du growl inhumain dispensé par un Axel mobile sur scène, éreinté entre les morceaux, une technique instrumentale meurtrière faisant feu de tout blast, et l'envie d'en découdre avec les premiers rangs. C'est donc la quasi-totalité de l'excellent album Scorns Aesthetics (à l'exception du titre "Anti" donc) qui aura été jouée ce soir. A revoir dans un petit club afin de mesurer le réel impact du poulain de l'écurie Kaotoxin.

Setlist :
01 – The Lock
02 – In Vivo
03 – Emphasize Nihility
04 – To the Fathers
05 – Circles of Red
06 – Scorn Aesthetics
07 – Scars of Compromise
08 – All That Remains



Changement d'ambiance et montée en gamme, si je puis dire, avec les virtuoses hallucinés de GOROD. Et le terme est faible. Le quintet girondin a effectivement la réputation de donner des shows musicalement spectaculaires, et ce qui frappe en premier lieu, c'est la synchronisation parfaite des deux guitaristes Mathieu et Nicolas de part et d'autre de la scène. De véritables shredders de haut vol enfilant les plans avec une facilité déconcertante, auxquels le staff du Trabendo rend honneur à travers un effet stéréo aux petits oignons, qui permet de profiter au mieux de cette débauche de rythmes prog'. Au milieu de tout ça, le souriant bassiste-bûcheron Barby inonde la fosse de ses déliés jazzy à faire pâlir plus d'un musicien, et il n'y a que Nutz au chant pour trancher avec la mixture "savante" de ses partenaires, déversant son growl monolithique devant une assemblée désormais bien fournie. En pleine préparation de son prochain opus, GOROD nous sort "Celestial Nature", nouveau titre à multiples facettes : à la fois brutal, progressif, versatile, du pur GOROD-style en somme, rassurant quant à l'avenir du groupe. Suit le terrassant "Disavow Your God", classique qui ferme la marche de cet excellent concert ; un domaine dans lequel la musique des Bordelais se montre curieusement des plus facile à appréhender.

Setlist :
01 – Here Die Your Gods
02 – Diverted Logic
03 – Harmony in Torture
04 – Smoked Skulls
05 – The Path
06 – State of Secret
07 – Birds of Sulphur
08 – Celestial Nature
09 – Disavow Your God



Fébrile à l'idée de vivre l'expérience Covenant en live, on prend place au beau milieu d'une fosse qui ne va pas tarder à s'embraser à l'arrivée de la légende de Tampa. MORBID ANGEL reste fidèle à son décorum death-metal, avec ces deux imposants backdrops qui reprennent la gravure visible sur le verso de l'album de 1993, sans oublier le look de rock star du metal extrême de Monsieur David Vincent, vêtu de son habituelle veste en cuir sans manches et arborant de magnifiques rouflaquettes distinguées. Voilà pour l'aspect cosmétique, car ce qui nous intéresse principalement, c'est la puissance de feu des mythiques "Rapture", "Pain Divine" ou autres "Sworn to the Black" (on pourrait absolument tous les citer hein), dépoussiérés par rapport à leurs versions studio grâce à une intensité de jeu remarquable. Tim Yeung, qui remplace définitivement le regretté Pete Sandoval à la batterie, n'est clairement pas étranger à l'affaire, amenant son expertise en frappe tentaculaire et chirurgicale, tout comme la pièce rapportée Destructhor, guitariste monstrueux capable des mêmes envolées extraterrestres que son homologue Trey Azagthoth, l'option "machine à headbangs" en plus. Ah... Azagthoth... Azagthoth le modeste, l'homme de l'ombre, le membre énigmatique, retranché derrière sa tignasse et ses guitares aux inscriptions étranges ("InstaGib" et "Astro-X"), traîne en effet toujours cette aura de mystère, contrairement à son acolyte Evil D., peu avare en postures théâtrales, et fort d'un chant tout bonnement impérial. Le très attendu "God of Emptiness" clôture le chapitre Covenant dans un mid-tempo à la noirceur lovecraftienne, aidé par le public qui reprend les fameux "Bow to me faithfully, bow to me splendidly" concluant le morceau. S'ensuit une courte rétrospective de la discographie de MORBID ANGEL, à raison d'un titre par album ayant suivi Covenant, avant de revenir aux deux premiers disques en fin de set (excellente idée). L'occasion de redécouvrir le hit rampant "Where the Slime Live", le "Curse the Flesh" de Heretic ou l'un des seuls morceaux recevables du controversé Illud Divinum Insanus, "Existo Vulgoré" (quelque peu boudé dans la fosse d'ailleurs, comme quoi l'opus est vraiment resté en travers de la gorge des fans). Par surprise, les Américains font l'impasse sur "Maze of Torment" et "Chapel of Ghouls" pour leur préférer "Immortal Rites". Mais pas de quoi en tenir rigueur au groupe, qui en dépit d'une fin de concert quelque peu abrupte – un simple "merci, au revoir" – aura prouvé qu'il méritait encore largement sa place sur le podium du death. On se réserve tout de même le droit de croiser les doigts pour le futur chapitre en "J", qu'on espère de meilleur goût que la précédente rondelle reconvertie depuis en scie à pizza ou en sous-bock pour l'apéro. Ne soyons pas rancuniers... Long life MORBID ANGEL !

Setlist :
01 – Intro / Rapture
02 – Pain Divine
03 – World of Shit (The Promised Land)
04 – Vengeance Is Mine
05 – Lion's Den
06 – Blood on My Hands
07 – Angel of Disease
08 – Sworn to the Black
09 – Nar Mattaru
10 – God of Emptiness
11 – Where the Slime Live
12 – Bil Ur-Sag / Intermission
13 – Ageless, Still I Am
14 – Curse the Flesh
15 – Existo Vulgoré
16 – Immortal Rites
17 – Fall from Grace

Head!
02.12.2014

Evènement : Morbid Angel + Gorod + Ad Patres
Libellé : Trabendo
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