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Kreator + Arch Enemy + Hell + Drone - Transbordeur (26.11.2014)

Kreator + Arch Enemy + Hell + Drone - Transbordeur

Il y a deux ans, les thrashers teutons de KREATOR étaient déjà venus conquérir le Transbordeur en compagnie de MORBID ANGEL, NILE et FUELED BY FIRE, une affiche de qualité internationale qu’il était impensable de manquer. Cette année, nos allemands préférés ont tenté de nous refaire le coup de la soirée mythique en annonçant, en juin dernier, leur tournée européenne d’hiver avec ARCH ENEMY, SODOM et VADER ! Alléchant non ? Seulement voilà, il ne fallait pas louper les petits astérisques accolés aux dates françaises, espagnoles et anglaises signifiant "* without SODOM and VADER". Le prestige de l’affiche s’en trouve réduit de moitié, d’autant que les dernières productions d’ARCH ENEMY ont nettement baissé en qualité. Les lyonnais auront donc attendu de longs mois avant de connaître les premières parties HELL et DRONE (NOTHNEGAL, initialement prévu, a dû annuler pour des raisons internes au groupe).


C’est en plein set de DRONE que je débarque dans le Transbordeur et constate que la fosse déjà extrêmement bien remplie pour un début de soirée. Ayant acquis leur sympathique premier album Head-On Collision il y a de ça plusieurs années, j’avais une petite envie de voir évoluer le combo allemand sur scène. Depuis mon contact avec le groupe 3 albums ont été faits et je dois dire que les morceaux proposés ce soir ne m’ont guère impressionné, voire même déçu tant DRONE nage dans les clichés du Thrash/Metalcore/Mélodeath moderne. Le son est limpide et puissant (la batterie paraît carrément synthétique), le groupe a de l’énergie à revendre, le public applaudit chaleureusement à chaque morceau - sans non plus se bousculer dans le pit - mais les titres manquent clairement de saveur. Il y a quelques riffs thrashy qui font taper du pied, quelques passages rock’n’roll qui font bouger la tête mais le tout a déjà été entendu maintes fois et souvent en mieux. Où est passée la qualité mélodique et redoutable de leur premier tube "Theopractical" ?

Setlist :
01 - Deepest Red
02 - Welcome To The Pit
03 - Fromat C
04 - Making Believe
05 - Into Darkness
06 - Hammered, Fucked And Boozed



C’est ensuite la formation culte HELL qui débarque sur scène pour un show Heavy Metal endiablé. Formé en 1982 lors des prémices du style, le quintet anglais ne sortira son premier album qu’en… 2011 (!!!!) chez Nuclear Blast. Et même s’ils ont produit quelques morceaux pendant leurs jeunes années, ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils récoltent le succès de leur musique. La fosse est maintenant bondée et bouillonne sur les morceaux Heavy aiguisés distillés par HELL. Effectivement, ça riffe sévère sur scène du côté de Kev Bower et Andy Sneap (oui, le célèbre producteur) et on peut dire que la qualité musicale est au rendez-vous tant les torpilles Metal lancées dans la chaleur du pit du Transbo font office de hits dans le genre. Voilà, c’est à peu près ce que les fans de Heavy ont l’air de penser d’après l’ambiance qui règne, mais je suis loin d’en être un et je me contenterai donc de dire que le contenu musical de HELL est maitrisé et agréable mais n’aura jamais un impact dans mon cœur de métalleux. Il ne manque plus que le chant de David Bower pour savoir si je vais complètement décrocher ou non… et c’est effectivement le cas. Les voix aigües de castrat me sont insupportables et c’est encore une fois le cas ce soir, voire même plus encore car sir Bower apporte une dimension théâtrale à ses vocaux ce qui, personnellement, n’arrange rien dans mon appréciation du chant. Outre ce fait, le frontman a une technique assez unique et joue son rôle de prédicateur à merveille, micro casque à l’appui pour être libre de ses faits et gestes dramatiques. Il arpente la scène, porte différents costumes et va même jusqu’à s’infliger quelques flagellations au martinet tel un Christ du Heavy. La résurrection de HELL en est peut-être le résultat.

Setlist :
01 - Gehennae Incendiis
02 - The Age Of Nefarious
03 - The Oppressors
04 - Blasphemy And The Master
05 - End Ov Days
06 - On Earth As It Is In Hell



L’heure est au rassemblement des troupes pour la montée sur scène des Suédois d’ARCH ENEMY. Et depuis leur dernier passage en 2010 il y a eu de sacrés changements, à commencer par une nouvelle vocaliste, la québécoise Alissa White-Gluz (ex-THE AGONIST), et tout récemment, Jeff Loomis, ancien guitariste de NEVERMORE, venu épauler Michael Amott au poste de second guitariste. C’est d’ailleurs son premier concert ce soir et je peux vous dire qu’il a assuré au vu de sa performance, sachant qu’il a dû apprendre la setlist en peu de temps et qu’il s’est occupé de la majorité des solos. Et puis, bien sûr, il y a eu les deux nouveaux albums, Khaos Legion (2011) et War Eternal (2014), sans doute les pires de la discographie du groupe, qui ont apaisé mon enthousiasme à revoir sur scène le quintet de Halmstad. Et je n’avais pas tort, les nouveaux titres, même en live, font pâle figure face aux hits plus anciens. Du coup, le show d’AE fera le yo-yo entre les bons et, surtout, les mauvais morceaux. Entre le plat "War Eternal" et l’affligeant "You Will Know My Name" (mélodies insupportables), surgit heureusement "Ravenous", le tube de Wages Of Sin (2001), suivi par le pesant et industriel "My Apocalypse", bruit de sonar et bass-drops en prime. Le gros du set déçoit donc à cause du choix des titres, seuls "As The Pages Burn" et "Under Black Flag We March" fonctionnent plutôt bien dans les morceaux récents, ainsi que l’imparable "Dead Eyes See No Future" pioché dans le Anthems Of Rebellion de 2003. Sur scène, la nouvelle recrue Alissa use de la langue de Molière, ce qu’apprécieront les fans français sans aucun doute, et se donne à fond même si on peut remarquer un léger manque de puissance comparé à celle de la guerrière allemande Angela Gossow. Le charisme féminin reste intact par contre, n’est-ce pas messieurs ! Après une petite heure de show, ARCH ENEMY achève son set avec le duo des grands soirs, "We Will Rise"/"Nemesis", parfait pour s’égosiller sur les "One for all, all for one, we are one, Nemesis !!!". Une déception quand même au vu des hymnes Mélodeath que le groupe a en stock !

Setlist :
01 - Tempore Nihil Sanat (Prelude In F Minor)
02 - War Eternal
03 - Ravenous
04 - My Apocalypse
05 - You Will Know My Name
06 - Bloodstained Cross
07 - Under Black Flags We March
08 - As The Pages Burn
09 - Dead Eyes See No Future
10 - No Gods, No Masters
11 - Yesterday Is Dead And Gone
12 - We Will Rise
13 - Nemesis



Encore émerveillé par leur prestation de cet été au Party San, j’avais hâte de retrouver les salves destructrices du meilleur groupe de Thrash Metal allemand : KREATOR ! La tournée pour Phantom Antichrist étant terminée, le Kreateur revient avec un nouveau décor, plus minimaliste, où un mur de spots et de néons lumineux se dresse derrière la batterie de Ventor. Un écran géant est installé en fond de scène où sont diffusées des images, en noir et blanc, de nature et de vie quotidienne sur une musique enjouée avant que n’apparaisse une explosion nucléaire… L’instrumentale "The Patriarch" retentit sur fond d’images de guerre, l’heure pour Mille Petrozza et sa bande d’entrer en scène et de lancer "Violent Revolution". Classique me direz vous et vous avez bien raison car pour cette nouvelle tournée européenne KREATOR n’a pas bouleversé grandement sa setlist à quelques détails près, notamment la mise en avant de l’excellent album Enemy Of God. Effectivement, en plus du morceau-titre devenu un classique, les teutons ont joué le mid-tempo "Impossible Brutality", le mélodique "Voices Of The Dead" et le redoutable "Suicide Terrorist". Un véritable plaisir sachant que c’est le premier album de KREATOR que j’ai écouté. Pour le reste, le groupe pioche autant dans les vieilleries devenues cultes que dans les derniers brûlots en date. Servis par un son exemplaire, les hymnes les plus violents font un ravage dans la fosse enclenchée en mode circle-pit. Les "Civilization Collapse" et "Warcurse" s’emboitent à merveille entre les vétérans de setlist "Extreme Aggression", "Pleasure To Kill" et le duo final "Flag Of Hate / Tromentor". Les rythmiques Thrash pleuvent, mais pas que, car KREATOR est également redoutable dans les morceaux moins frontaux mais tout aussi headbangants ("Phobia" et "People Of The Lie" en première ligne) et dans les mélodies assassines (l’intro de "Hordes Of Chaos", sublime). La différence de qualité mélodique entre ARCH ENEMY et KREATOR est plus que flagrante, seule "From Flood Into Fire" me paraît en dessous du lot dans la pertinence des lignes de guitares.
Malgré le classicisme de la setlist, le quatuor a quand même mis tout le monde d’accord en début de rappel avec la reprise du mythique "The Number Of The Beast" de IRON MAIDEN. Une surprise qui a enchanté un Transbordeur jusqu’en haut des estrades. Les années passent et KREATOR reste, toujours aussi mordant et vivace, mené par un Mille Petrozza à la puissance vocale intacte et au débit parfois impressionnant ("Civilization Collapse" quoi !).

Setlist :
01 - Violent Revolution
02 - Civilization Collapse
03 - From Flood Into Fire
04 - Extreme Aggression
05 - Phobia
06 - Enemy Of God
07 - Voices Of The Dead
08 - Awakening Og The Gods (Intro only)
09 - Endless Pain
10 - Suicide Terrorist
11 - Phantom Antichrist
12 - Impossible Brutality
13 - Hordes Of Chaos (A Necrologue For The Elite)
14 - Pleasure To Kill

Rappel :
15 - The Number Of The Beast
16 - Warcurse
17 - People Of The Lie
18 - Flag Of Hate
19 - Tormentor



Malgré deux premières parties qui ne m’ont guère égayé les esgourdes et une setlist d’ARCH ENEMY peu aguicheuse, la soirée a été une réussite, notamment grâce à un KREATOR impérial, comme d’habitude, dont les morceaux phare restent intemporels !

Tankkore
06.12.2014

Evènement : Kreator + Arch Enemy + Hell + Drone
Libellé : Transbordeur
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